Médicaéro : Journal de bord de la mission du 2 au 14 septembre 2018

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Médicaéro : Journal de bord de la mission du 2 au 14 septembre 2018

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Retrouvez l’aventure humanitaire d’Elise Bernard, pédiatre et de Solène Longère et Maxime Achard, kinésithérapeutes.

Auteur : Fondation MACSF / MAJ : 16/11/2018

Avant le départ en mission

Découvrez les témoignages en vidéo des trois jeunes professionnels de santé avant leur départ en mission :

Portraits des bénévoles Elise Bernard, Solène Longère et Maxime Achard

Elise Bernard
Elise Bernard : "J'ai 28 ans, je suis actuellement en disponibilité au cours de mon internat de pédiatrie depuis novembre 2017, année pendant laquelle j'ai principalement voyagé et j'ai intégré la mission avec Médicaéro.

J'ai suivi mes 6 premières années de faculté de médecine à Marseille.

J'ai déjà fait 3 ans d'internat en Pédiatrie à Paris et vais reprendre en Novembre ma 4ème et dernière année d'internat. J'ai donc fait 9 ans d'études de médecine au total et rentre ainsi en 10ème année."

Maxime Achard et Solène Longère
Maxime Achard et Solène Longère sont tous les deux masseurs-kinésithérapeutes.

Maxime a 28 ans, Solène 26, ils exercent respectivement depuis 6 ans et 4 ans.

Elise Bernard, Solène Longère et Maxime Achard racontent leur aventure à Madagascar, du 2 au 14 septembre 2018.

L'équipe Médicaéro

De gauche à droite : Dr Jean-Jacques Dumesnil, Président de Médicaéro, Elise Bernard, pédiatre, bénévole, Mlle BAO, Présidente de Akamasoa, association humanitaire, Solene LONGERE, kinésithérapeute, bénévole, Maxime Achard, kinésithérapeute, bénévole, Anne-Laure RENAIS, sage-femme, bénévole, Charlotte QUETTEVILLE, sage-femme, bénévole

Journal de bord

Carte de Madagascar
Dimanche 2 à mercredi 5 septembre

Depuis notre arrivée dimanche soir, nous avons passé notre journée de lundi à consulter dans le centre médical du village d'Akamasoa (village créé par le père Pedro dans les hauteurs d'Antananarivo), avons transité mardi jusqu'à Tuléar (premier vol avec l'avion que nous prendrons durant toute la mission), notre point de base pour les jours à venir. Mercredi, premier contact avec la brousse avec des consultations dans l'hôpital d'Ampanihy.

Nous partons demain pour 3 jours dans la brousse où nous allons nous enfoncer plus loin et dormir sur place pendant 2 nuits. 

Jeudi 6 septembre

Nous avons atterri jeudi à Ampanihy et avons retrouvé l'équipe de la veille, composées de deux jeunes médecins (en binôme avec Jean Jacques Dumesnil et moi), un étudiant infirmier (en équipe avec Maxime et Solène) et une étudiante sage-femme (travaillant avec nos deux sages-femmes, Anne Laure et Charlotte), ainsi que l'équipe d'organisateurs locaux basés à Ampanihy qui s'occuperont de toute la gestion pratique des jours que nous passerons dans la région. Nous partons en 4x4 pour aller consulter au CSB (Centre de Santé de Base) de Maniery où nous sommes accueillis par la sage-femme gérant le centre. En fin de journée, nous reprenons le 4x4 et rentrons dormir à Ampanihy.

Elise Bernard, pédiatre : « Une journée de consultation chargée, mais les habitudes commencent à se prendre, je m'habitue à exercer une médecine plus pratique, avec les moyens disponible, Oriol (l'interne de Tuléar avec qui je travaille) et moi commençons à fonctionner ensemble de plus en plus efficacement. »

Vendredi 7 septembre

Départ matinal pour Ankilimivury, village encore plus isolé dans la brousse, où nous consultons dans un CSB assez petit.

Maxime Achard, kinésithérapeute  : « Nous mettons en place les locaux et désinfectons autant que possible. Il y a beaucoup de poussière. La consultation pédiatrique s’effectue à l’extérieur. Des bâches sont installées pour apporter un peu d’ombre, des 4x4 sont disposés de façon à préserver un peu l’intimité et la salle d’attente est placée sous un arbre. Les sages-femmes travaillent dans une salle en compagnie des chauves-souris… .

De leur côté, les médecins généralistes et les kiné partagent une salle. Début des consultations : la communication entre les spécialités est simplifiée par la proximité entre les professionnels de santé, notamment entre médecins et kinés, mais aussi entre kinés et pédiatres. C’est une bonne chose alors qu’une épidémie de rhinopharyngite sévit actuellement, nécessitant des séances de désencombrement et de DRP (désobstruction rhinopharyngée). »

La région étant très aride, nous rencontrons plus de situation de grande dénutrition, et si les enfants de moins de 5 ans dépistés peuvent avoir une prise en charge nutritionnelle par l'état par le biais des CRENI et CRENAS, il est difficile de ne pas pouvoir aider les enfants plus âgés et les adultes. Après un retour un peu long, nous retrouvons nos lits avec bonheur !

Elise Bernard, pédiatre : « Une journée très intéressante mais peut être la plus difficile sur le plan émotionnel en raison des conditions socio-économiques des habitants de la zone. »

Samedi 8 septembre

Direction Ejeda, ville de brousse à environ 2 heures d'Ampanihy, où nous consultons dans l'hôpital local tenu par le Dr Justin, chirurgien. Une journée de consultation intéressante car les habitants du coin ayant un accès continu a des consultations médicales, nous voyons moins de consultations de routine. Nous nous retrouvons notamment confrontés à deux situations chirurgicales atypiques, et sommes heureux d'être dans un hôpital permettant leur prise en charge. La ville d'Ejeda possédant une piste d'atterrissage, nous repartons ce soi- là dormir à Tuléar.

Dimanche 9 septembre

Nous atterrissons à Ejeda pour notre dernière journée dans le Sud et avec l'équipe d'Ampanihy. Nous consultons au CSB du village de Gogogogo (Go4 en abrégé), un grand CSB bien organisé pour notre arrivée. Une belle dernière journée de consultation avec nos collègues Malgaches de ces derniers jours, une jolie dynamique s'étant installée entre nous tous.

Elise Bernard, pédiatre : « Une petite fille, présentant des complications d'un épisode neurologique aigu survenu il y a 4 ans, me marque particulièrement, et j'espère qu'avec la prise en charge à la fois médicamenteuse et d'une éducation à la rééducation par les kinésithérapeutes nous pourrons améliorer un peu son pronostic fonctionnel. C'est dans des situations de ce type que l'on se rend compte de l'intérêt de pouvoir travailler en équipe avec différents professionnels de santé dans ce genre de mission. »

Maxime Achard, kinésithérapeute  : « Les soignants font du mieux qu’ils  peuvent mais le manque d’entretien se fait cruellement sentir. Ce fut une journée très intéressante sur le plan médical par la diversité et la rareté des cas à traiter. »

Après avoir dit au revoir sous la pluie (des au revoir sonnant plutôt comme des "à bientôt") à nos collègues Malgache nous rentrons pour notre dernière nuit à Tuléar.

Lundi 10 septembre

Décollage vers le Nord-Ouest sous les orages que nous sommes contents de quitter. Un vol magnifique jusqu'à Maintirano, où nous survolons Baobabs, mer turquoise et mangrove. Une fois la peur du premier vol disparue, ces vols au-dessus de Madagascar resteront des souvenirs magiques.

Nous arrivons à Maintirano, région où l'association se rend pour la deuxième fois à la demande des représentants locaux afin d'évaluer l'aide que nous pourrions apporter pour améliorer l'offre de soin. Après une réunion organisationnelle nous consultons quelques heures dans le CSB de la ville avec les médecins y exerçant.

Mardi 11 septembre

Consultations le matin à l'hôpital pour les kinés et la pédiatre, une matinée assez calme. L'après-midi, visite de l'hôpital et cours fait par les kinés sur la prise en charge des patients après un AVC et sur la kinésithérapie en général. Le cours est très bien accueilli par les soignants locaux, qui, en l'absence de kinésithérapeutes, sont responsables de la rééducation de ces patients, mais sans la formation adaptée.

Mercredi 12 septembre

Dernier jour de la mission, nous consultons une dernière matinée au CSB. Nous ressentons une différence de taille avec la région d'Ampanihy, que ce soit sur le plan des conditions socio-économiques bien plus favorables (nous n’avons pas vu un seul enfant dénutri), que sur l'offre de soins (médecins et sage femmes en nombre plus important, plus de matériel à disposition). Les consultations sont donc plus orientées sur une transmission de savoir sur nos différentes spécialités aux soignants locaux offrant déjà des soins bien organisés.

Nous profitons d'une fin d'après-midi un peu calme avant le retour à Tananarive demain. Nous repartons donc demain matin à Antananarivo, la mission s'étant terminée.

Jeudi 13 et vendredi 14 septembre

Vol Maintirano – Tananarive et contact avec les autorités du Ministère de la Santé Publique puis retour à Paris.

Retour de mission

Les jeunes professionnels de santé ayant participé à la mission nous font part de leur expérience, reviennent sur les faits marquants et donnent leur avis et conseils aux futurs bénévoles. Voici les questions-réponses en vidéo.

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