Résultats des projets soutenus et des prix décernés

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Retrouvez les derniers résultats des prix et des projets de la fondation MACSF.

Auteur : La Fondation MACSF / MAJ : 06/04/2018

Projets soutenus

Session 2018

Ont été retenus par le conseil d’administration :

  • Le CH de Bourg-en-Bresse pour son projet "Eye Tracking en réanimation / Tablette numérique à reconnaissance oculaire"
  • Prévention Sage-femme (fédération d'associations) pour son projet "Les Pipelettes, Prévention en santé sexuelle et gynécologique pour les jeunes femmes de 15 à 25 ans"
  • La Faculté de médecine de Rangueil, pour son projet d'"Association d'étudiants en santé TECT : lancement de rencontres autour des relations soignant-soigné et soignant-soignant"
  • MEDICAERO - Association permettant la médecine par les airs à Madagascar

 

Sessions 2016 et 2017 (projets libres et projets thématiques)

Voir les projets soutenus en 2016 et en 2017 (pdf - 130.68 Ko)

Prix de thèses et de mémoires

Session d'automne 2017

  • Catégorie professions médicales

1er Prix : Cécile TORREGROSA, interne en oncologie médicale, pour son mémoire de master 2 « Approche épistémologique de la guérison en cancérologie : le modèle du cancer du sein à l'aube du XXIe siècle en France. »

Résumé :  « Suis-je guéri, docteur ? » : cette phrase qui peut sembler banale et anodine est prononcée fréquemment par les patients dans tous les domaines de la médecine. La guérison des maladies a en effet de tout temps été une préoccupation essentielle des hommes et de leurs médecins. Cette quête fut à l'origine d'immenses progrès notamment ces cinquante dernières années en améliorant significativement la survie de nombreuses maladies dont celle du cancer. Ainsi, le taux de survie du cancer du sein cinq ans après le diagnostic est de 88 % en occident, tous stades confondus, et le taux de rechute des cancers localisés est en constante diminution : selon les  dernières statistiques nationales, plus de la moitié des patients ne récidiveront pas de leur cancer. Ces avancées médicales se sont donc tout naturellement accompagnées d'un espoir populaire fort portant sur la guérison du cancer, même si le cancer reste aujourd'hui encore une pathologie grave causant le décès de plus de huit millions de personnes dans le monde chaque année. Les avancées médicales n'ont pas concerné seulement l'aspect scientifique mais ont aussi contribué à remodeler la relation entre le médecin et le patient.

Le respect de la volonté du patient se place depuis la loi du 4 mars 2002 au centre des procédures décisionnelles. L'emploi ou non du terme de guérison par l'oncologue prend d'autant plus d'importance que son impact dans la vie de la personne ayant été atteinte de cancer est majeur. Le cancer ne touche pas seulement l'individu dans sa santé mais aussi dans son intégration au sein de la société dans laquelle il évolue. Cela se traduit concrètement par les différentes problématiques portant sur la stigmatisation des personnes malades et sur le vaste domaine de l'après-cancer.

La réalisation d'une étude basée sur des entretiens semi-dirigés auprès de treize oncologues médicaux français, nous a permis de mettre en évidence des divergences majeures de l'entendement de la guérison et de l'usage de ce mot au sein du discours médical. Au travers de nos réflexions, nous avons pu constater que la guérison n'est pas seulement une valeur médicale et qu'elle dépend autant de la société que de la personne qui l'énonce. Il existe donc un glissement entre la norme du corps et de la biologie à la norme extérieure du social définie par la société. Le sens et les interprétations de la notion de guérison dépassent alors le cadre du mot lui-même et sont à l'origine d'une hétérogénéité dans les discours susceptibles d'influer sur la relation entre le médecin et le patient. La notion de guérison n'est donc plus une notion figée, un couperet annoncé par le médecin mais devient une construction dans le temps, un processus qui évolue en fonction des échanges de la personne avec le médecin et avec la société qui l'entoure. Cette étude exploratoire quantitative s’inscrit dans une étude plus large nationale qui sera menée auprès de l'ensemble de la population des oncologues français afin d'approfondir ces résultats. 

Mémoire de Cécile TORREGROSA (pdf - 600.93 Ko)

Ecouter l'interview de Cécile TORREGROSA (podcast)

2ème prix : Chloé ARRIGNON, médecin généraliste, et 3ème prix exæquo : Brune DALAMEL DE BOURNET, médecin généraliste, pour leur thèse conjointe « Spécificités de la relation médecin-malade avec les patients devenus proches / point de vue des patients versus point de vue des médecins »

Résumé de l'étude Point de vue des médecins (Chloé Arrignon) :

La relation médecin-malade (RMM) entre un médecin traitant et son patient est une relation suivie d’où peut naître une proximité accrue. Alors que les difficultés des médecins à soigner leur propre famille sont bien connues, peu d’études portent sur les spécificités de la RMM avec les patients devenus proches. Cette étude est le versant médecin d’une étude qualitative par entretiens semi-dirigés réalisée auprès de médecins et patients. L’interprétation des données s’est faite selon une approche méthodologique par théorisation ancrée.

17 généralistes (11 femmes, 6 hommes), âgés de 28 à 64 ans, principalement urbains et libéraux, ont été interrogés. Le concept de proximité recouvrait plusieurs notions. L’empathie constituait la base de la RMM pour tous les médecins, en particulier pour ceux ayant une approche centrée patient. La proximité affective existait à des degrés divers formant un continuum : la sympathie était fréquente, l’amitié plus rare. L’amitié était plutôt associée à des médecins « entiers » (clivant peu vie professionnelle et personnelle). Les patients proches étaient décrits comme des patients leur ressemblant, ou dignes d’admiration, ou vulnérables. Le rapprochement était spontané et consensuel. Cette proximité était chronophage et à risque d’erreurs médicales, et de plus grande souffrance psychologique du médecin. Quand cette proximité était bien gérée (par la capacité à rester professionnel et à fixer des limites), les médecins trouvaient la consultation plus agréable, et les patients plus respectueux. Une RMM proche peut être bénéfique au patient comme au médecin, malgré un exercice plus délicat. 

Thèse de Chloé ARRIGNON (pdf - 1.23 Mo)

Résumé de l'étude Point de vue des patients (Brune Dalamel de Bournet) : De nombreux travaux ont été effectués pour étudier la relation entre le médecin et sa famille ou ses amis. En revanche, aucune étude à ce jour n’a étudié cette relation quand le patient devient proche au fil du suivi. Cette étude est le versant patient d’une étude qualitative avec entretiens semi dirigés réalisés auprès de patients et de médecins. Entretiens enregistrés et retranscrits de façon exhaustive, analysés par la méthode de théorisation ancrée avec codage en double aveugle.

17 patients (11 femmes et 6 hommes) ont été interrogés entre Août 2016 et Mars 2017. Les patients sont devenus proches par phénomène de transfert sur leur médecin. Ils pouvaient se reconnaitre en lui, partager les mêmes valeurs et traverser des épreuves ensemble. Cette relation de proximité pouvait revêtir plusieurs facettes et évoluer avec le temps. Elle pouvait se transformer en amitié mais ce n’était pas la règle. Les patients avaient globalement un vécu positif de cette relation particulière, notamment en termes de qualité d’écoute, de confiance et de liberté de parole. Ils soulignaient cependant des limites : une perte d’objectivité entrainant une banalisation des symptômes, un sentiment d’abandon en cas de départ du médecin suggérant une relation de dépendance. Le patient comme le médecin posait les limites de cette relation pour en éviter ses dérives. La relation avec les patients proches permet une prise en charge centrée patient. Une bonne distance permet d’en préserver les avantages.

Thèse de Brune DALAMEL DE BOURNET (pdf - 912.48 Ko)

Voir l'interview de Chloé ARRIGNON et de Brune DALAMEL DE BOURNET en vidéo

3ème prix exæquo : Marie-Laure BARANE, interne en santé publique, pour son mémoire de master 2 « Améliorer la prise en compte du point de vue des patients : initiation du recueil des PROMs (patients reported outcomes measures) à la fédération UNICANCER »

Résumé : La fédération UNICANCER réunit les 21 centres de lutte contre le cancer. Les PROMs (patient reported outcomes measures) sont actuellement un des moyens innovants de porter la voix de l’usager dans le système de soin . L’objectif de ce stage était de faire un état des lieux concernant l’utilisation des PROMs, afin de proposer un projet d’intervention au sein de la fédération. L’état des lieux a consisté à réaliser une revue de la littérature et la construction du projet a été débuté en parallèle. La singularité des PROMs est dû à un recueil de données directement effectué par le patient lui-même. Les PROMs ont trois modalités d’utilisation distinctes : la recherche clinique, l’évaluation des établissements et la pratique clinique. L’analyse du contexte a mis en évidence une attente, un besoin et des réponses allant vers le renforcement de l’autonomie et l’accompagnement des patients et particulièrement du recueil de leur point de vue. Or, les PROMs sont considérés comme un moyen prometteur pour y parvenir. Le projet proposé est la création d’un outil numérique permettant le recueil de PROMs aboutissant à un support concret de dialogue entre le médecin et le patient. Un groupe d’orientation pluri-professionnel a été mis en place. Une première étape dite de faisabilité précèdera le déploiement plus large de cet outil. Sur le long terme, ce projet devrait participer à améliorer les pratiques des professionnels et contribuer à l’amélioration de la prise de décision partagée, l’autonomisation des patients et un meilleur accompagnement. 

Mémoire de Marie-Laure BARANNE (pdf - 1.03 Mo)

Ecouter l'interview de Marie-Laure BARANNE (podcast)

  • Catégorie professions paramédicales

1er prix : Anne-Sophie DEBUE, infirmière, pour son mémoire de master 2 « Investir la sortie de réanimation : enjeux et bénéfices »

Résumé : La sortie de réanimation est un thème relativement récent dans la recherche autour des soins intensifs. Il apparaît de plus en plus clair qu’il est nécessaire d’y prêter un oeil attentif afin de potentialiser les chances offertes par l’hospitalisation aiguë. Les patients ayant séjourné longtemps en réanimation présentent dans un grand nombre de cas des ‘séquelles’ importantes, qu’elles soient d’ordre physique, psychique ou psychosociales. Pour surmonter cela, un accompagnement sera nécessaire, et des questions naîtront auxquelles seuls des personnes connaissant bien le monde de la réanimation pourront répondre. Or, l’enquête que nous avons menée montre que la transition entre réanimation et service d’aval est encore trop souvent un no man’s land où l’on ne sait pas très bien où s’arrêtent les soins aigus et où commencent les soins de suite. Les soignants de réanimation se trouvent régulièrement dans des situations d’urgence et lorsqu’ils ne s’y trouvent pas, ils savent malgré tout que le lit vide ne le restera pas longtemps. Le temps qu’ils utilisent donc à faire sortir leurs patients est aussi minimisé que possible et la responsabilité vite transférée à l’équipe d’aval. En revanche, l’équipe d’aval se trouve souvent démunie face à ces patients qu’elle connaît mal et dont elle appréhende de s’occuper. Les enjeux sont grands, non seulement du côté du patient et de sa famille si cette transition s’effectue dans l’angoisse et le ressenti d’abandon, mais aussi du côté des soignants, pour lesquels devoir se hâter de transférer sa responsabilité à une équipe qui n’en prend pas l’entière mesure est frustrant et peut mener au conflit. S’assurer que la sortie se passe dans de bonnes conditions et que le patient bénéficie d’une prise en charge adaptée et suffisante est pourtant un aspect du soin incontournable pour que la prise en charge invasive subie pendant l’hospitalisation aiguë prenne tout son sens. Permettre aux patients de revenir, leur ouvrir un espace de parole et de questions, ou bien aller effectuer un suivi dans leur nouveau service afin d’harmoniser les pratiques et soutenir les équipes d’aval ne peut que mener à des améliorations des soins tout au long de la trajectoire, en prenant une meilleure conscience des séquelles possibles (et ce à tous les niveaux du soin).

Améliorer la communication entre la réanimation et les autres services de l’hôpital, permettra des échanges réguliers qui favoriseront l’entraide et le repérage précoce de situations nécessitant une modification de la prise en charge. Les rencontres ainsi occasionnées entre les soignants de ces ‘deux mondes’ –la réanimation et la ‘salle’- permettra à chacun une meilleure compréhension du rôle de l’autre et un ajustement des aides possibles, du soutien à apporter, ainsi qu’une continuité nécessaire aux patients pour intégrer l’épisode ‘réanimation’ au sein de leur biographie, de leur histoire, de leur trajectoire.

Mémoire d'Anne-Sophie DEBUE (pdf - 707.83 Ko)

Voir l'interview d'Anne-Sophie DEBUE

2ème prix : Cédric GESBERT, manipulateur d’électroradiologie médicale, pour son mémoire de master 2 d’éthique « La demande d’information des patients ; réflexions à partir de la biopsie mammaire sous IRM »

Résumé : L’information des patients dans le cadre du soin est l’objet d’une réflexion éthique depuis plusieurs années. Cependant, les questionnements sur les meilleurs moyens d’information des patients perdurent. L’étude présentée dans ce mémoire, porte sur la demande d’information des patientes devant subir une biopsie mammaire sous IRM. Dans cet examen à la croisée de la technologie d’imagerie médicale, de la médecine, du cancer, de l’autonomie et de la vulnérabilité, il est intéressant de donner la parole aux patientes pour déterminer avec plus de précision leur volonté concernant l’information médicale. L’information et le consentement sont à la base de la bienfaisance médicale. Ils sont nécessaires au maintien de l’autonomie mais sont aussi une preuve du respect des soignants envers la vulnérabilité du patient. 

Mémoire de Cédric GESBERT (pdf - 1.14 Mo)

Ecouter l'interview de Cédric Gesbert (podcast)

  • Catégorie professions cadres de santé, administratifs, sociaux

1er prix : Martyna TOMCZYK, chercheuse pour sa thèse de doctorat d’éthique médicale  « Sédation continue, maintenue jusqu’au décès : quelle communication dans les unités de soins palliatifs en France et en Pologne ? »

Résumé : Cette thèse d’éthique médicale, à la croisée de la médecine et des sciences humaines et sociales, et plus spécifiquement de la médecine palliative, de la linguistique et de la philosophie, a pour but d’apporter un regard vigilant mais aussi objectif que possible sur une question, jusqu’à présent, inexplorée : la communication sur la sédation continue, maintenue jusqu’au décès, dans les unités de soins palliatifs, en France et en Pologne. Située dans une approche théorique et pratique à la fois, elle se structure autour de quatre parties, suivant le cheminement de la pensée de l’auteure. Ainsi, en tout premier lieu, une recherche bibliographique a été réalisée et les principales failles des publications existantes ont été mises en exergue dont deux en particulier : le flou terminologique et conceptuel autour des deux notions-clés : notion de sédation dans le champ de la médecine palliative et notion de représentation, inhérente à celle d’information et, par extension, à celle de communication. Afin de garder la rigueur méthodologique, ces deux notions ont été d’abord explicitées, puis articulées entre elles. En second lieu, une recherche sur le terrain a été réalisée. Elle se composait de deux étapes : l’une étant exploratoire et l’autre principale. Cette dernière, de nature qualitative et située dans une approche de l’étude de cas multiples, a été menée dans différentes unités de soins palliatifs, en France et en Pologne.

Deux méthodes qualitatives ont été adoptées : l’analyse de dossiers et les entretiens semi-directifs individuels.        
Ce besoin de relation nous a amenés à nous interroger sur une certaine universalité de l’être souffrant, malgré ses particularités. Ainsi, nous avons proposé aux soignants de dépasser une simple délivrance de l’information, pour tenter de tisser une relation de réciprocité. Enfin, « une éthique de la présence à l’autre », considérée comme un nouveau paradigme ou plutôt un paradigme renouvelé, a été proposée. Cette éthique, ne devrait-elle pas être intégrée dans le champ de la médecine palliative ou plutôt dans la médecine toute entière, voire dans nos vies de tous les jours ?

Thèse de Martyna TOMCZYK (pdf - 4.80 Mo)

Ecouter l'interview de Martyna TOMCZYK (podcast)

2ème prix : Sylvie MAILLARD, juriste en droit médical pour sa thèse de doctorat en droit « L’éthique appréhendée par le droit médical »

Résumé : Penser l’éthique, tel est le nouveau défi du droit. L’éthique est une réflexion, un questionnement philosophique de la morale ou une obligation de conscience, rien d’autre. Avec l’apparition d’un droit portant sur la réflexion éthique notamment dans le domaine médical, des approximations dans l’usage de cette notion sont observées.
La forte attractivité pour ce terme ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’une discipline philosophique aux antipodes de la matière juridique ; l’éthique est tout sauf une norme. Aussi, l’éthique peut devenir un perturbateur de la loi. Elle bouleverse le processus traditionnel de construction de la règle et s’invite parfois à mauvais escient dans la règle elle-même.                                                         
Le juge n’est pas épargné. L’éthique est citée dans les contentieux, d’où l’intérêt d’en définir précisément les contours. Quelle faute prononcer au nom de l’éthique ? Quels sont les manquements à l'éthique que l'on peut reprocher à un médecin dans la relation avec son patient ? Les médecins sont-ils suffisamment formés à l'éthique pour se prémunir d'une telle faute ? L'ensemble de ces questions montre qu'Il est nécessaire et urgent d’en clarifier le sens et d’en limiter l’usage au risque de perdre toute lisibilité de la norme et toute lisibilité pour la médecine.

Thèse de Sylvie MAILLARD (pdf - 6.05 Mo)

Voir l'interview de Sylvie MAILLARD

Sessions 2016 et 2015

Voir les prix décernés en 2016 et en 2015 (pdf - 113.18 Ko)
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