Interprétariat linguistique dans le domaine de la santé

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Interprétariat linguistique dans le domaine de la santé : la HAS publie un référentiel de bonnes pratiques

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C’est la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 qui a posé le principe de l’interprétariat linguistique dans le domaine de la santé. Un décret du 5 mai 2017 en a précisé la définition. La HAS a été chargée de réfléchir à un référentiel de compétences, de formation et de bonnes pratiques dans le domaine de la santé. Ce référentiel a été publié en octobre 2017.

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Auteur : Stéphanie TAMBURINI, Juriste / MAJ : 04/12/2017

Qu’est-ce que l’interprétariat linguistique dans le domaine de la santé ?

  • Article D. 1110-6 du code de la santé publique (CSP) : fonction d'interface, reposant sur des techniques de traduction orale, assurée entre les personnes qui ne maîtrisent pas ou imparfaitement la langue française et les professionnels intervenant dans leur parcours de santé.
  • L’idée est de sécuriser l’interprétariat, le plus souvent réalisé jusqu’à présent dans des conditions aléatoires (recours à des personnels non formés mais parlant deux langues, recours à une langue tierce dans laquelle les deux parties ne sont pas forcément à l’aise, utilisation d’outils de type pictogrammes qui restent imparfaits).

Quels enjeux ?

  • Pour les professionnels : amélioration des pratiques dans le respect du secret professionnel et du droit à la confidentialité, dans le recueil du consentement et approfondissement des connaissances concernant la prise en charge, notamment des migrants, dans le cadre de la formation initiale et du développement professionnel continu.
  • Pour les patients ou usagers : meilleure adhésion au projet thérapeutique, meilleure communication avec l’équipe soignante, meilleure information sur les modalités de prévention, d’observance et de suivi médical. L’objectif est un meilleur accès aux soins.

Pour quel public ?

  • Sont particulièrement visées les personnes confrontées à la barrière linguistique et qui sont éloignées des systèmes de prévention et de soins, notamment les migrants, demandeurs d’asile, mineurs isolés, personnes en situation de précarité, personnes souffrant d’illettrisme, etc.
  • En revanche, l’interprétariat en langue des signes est exclu du périmètre du référentiel.

Quels domaines de compétences pour l’interprète ?

  • Le cadre professionnel, qui assure une protection tant à l’interprète qu’au patient.
  • La fidélité de l’interprétariat aux intentions supposées du patient.
  • La distanciation pour rester à l’écoute et stable, et pour assurer l’intégrité des échanges.
  • L’attention interculturelle qui permet d’analyser les éventuels blocages ou tabous liés à certaines cultures.

Dans quels cas faire intervenir un interprète en priorité ?

  • Dans les cas où le patient parle très peu ou pas du tout français, sans pour autant exclure le recours à l’interprète quand le patient parle « un peu » la langue, lorsqu’il peut exister des risques de malentendus sur les soins.
  • Quand la situation médicale est complexe (ce qui ne va pas forcément de pair avec la gravité de la pathologie).
  • Lors de certains moments clés de la prise en charge (annonce de diagnostic, changement de traitement, proposition d’intervention chirurgicale par exemple).
  • Quand le besoin en est particulièrement exprimé par le professionnel de santé et surtout par le patient lui-même.

Comment ça marche ?

  • 1er temps : avant l’entretien, un temps d’échange est recommandé (dans les cas qui le justifient) entre l’interprète et le professionnel de santé sur le motif de la consultation, les objectifs prévus et le contexte.
  • 2ème temps : au début de l’entretien, l’interprète se présente, le consentement du patient à l’intervention de l’interprète est recueilli et l’interprète expose le cadre de son intervention pour rassurer le patient sur la confidentialité de l’entretien et le respect du secret.
  • 3ème temps : pendant l’entretien, la totalité des énoncés est traduite, en général par séquences de quelques phrases, en évitant un jargon trop difficile à traduire. Le professionnel de santé doit veiller à garder le contrôle de l’entretien, l’interprète devant se maintenir en retrait.
  • 4ème temps : à la fin de l’entretien, un nouveau moment d’échange entre le professionnel de santé et l’interprète est recommandé, afin de dresser un éventuel bilan quant au mode de traduction utilisé, mais aussi pour éviter que l’interprète se retrouve en tête-à-tête avec le patient.

A noter que le référentiel comporte les coordonnées des principales associations proposant un service d’interprétariat professionnel à ce jour.

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