Comment prévenir la dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation chez les personnes âgées ?

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Sur les 3 millions de personnes âgées de plus de 70 ans hospitalisées en soins aigus chaque année, on constate 10 % de cas de dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation, soit 300 000 personnes. L’ampleur de ce phénomène a conduit la HAS à élaborer, en partenariat avec le CNPG (Collège national professionnel de gériatrie), une « fiche points clés » destinée à prévenir au mieux cette dépendance.

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Auteur : Stéphanie TAMBURINI, Juriste / MAJ : 11/01/2018

La « dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation », qu’est-ce que c’est ?

C’est la perte fonctionnelle aux activités de base de la vie quotidienne, constatée entre l’entrée du patient âgé et sa sortie d’hospitalisation.
Elle dépend de 3 facteurs :

  • la pathologie à l’origine de l’hospitalisation,
  • l’état du patient à l’arrivée,
  • les processus de soins et l’environnement hospitalier pendant le séjour.

La dépendance est dite « évitable » quand elle résulte d’une mesure de soins inappropriée ou omise, ou d’un environnement inadapté. Selon une étude réalisée au CH de Toulouse, pas moins de 80 % des cas de dépendance seraient évitables.

Quelles sont les principales causes de dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation ?

La HAS a recensé 6 causes de dépendance iatrogène :

  • le syndrome d’immobilisation, dû à un allongement au lit, pas toujours justifié sur le plan médical, et qui peut entraîner une perte de masse musculaire et d’autonomie ;
  • la confusion aiguë, qui augmente les risques de chute et d’entrée en institution ;
  • la dénutrition, souvent liée à un apport alimentaire insuffisant ou inadapté ;
  • les chutes, qui sont sources de blessures dans 30 à 40 % des cas ;
  • l’incontinence urinaire, qui peut être due à certaines médications, mais aussi à l’immobilité et au port de protection urinaire non justifié ;
  • les effets indésirables des médicaments, plus fréquents en cas de poly médication.

Quelles stratégies pour prévenir et traiter la dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation ?

Ces stratégies passent par plusieurs étapes :

  • évaluation de l’état fonctionnel du patient à l’arrivée, pendant l’hospitalisation et à la sortie, et du risque de déclin fonctionnel ;
  • définition d’objectifs selon les risques repérés ;
  • interventions graduées : elles peuvent être seulement préventives, via un plan de soins infirmiers, pour tous les patients de plus de 70 ans, ou plus interventionnistes quand il existe des facteurs de risques majorés ou lorsque les signes de dépendance iatrogène commencent à apparaître.

Les interventions ciblées relevant des soins

Elles dépendent du type de dépendance constaté :

  • Syndrome d’immobilisation : l’allongement doit être médicalement justifié ; dans les autres cas, le lever au fauteuil, la verticalisation et la mobilisation doivent être favorisées au maximum, et les contentions physiques passives ou chimiques limitées.
  • Confusion : les efforts doivent surtout porter sur le repérage des premiers signes confusionnels et leur traitement, non médicamenteux en première intention.
  • Dénutrition : là encore, l’essentiel repose sur le repérage des signes, notamment chez les patients à risques (faible IMC, notion de perte de poids récente, troubles de la déglutition) et sur la mise en place de mesures adaptées (évaluation de l’appétit, aide à l’alimentation, etc.)
  • Chute : il s’agit de promouvoir au maximum la mobilisation, la marche, voire l’activité physique.
  • Incontinence : la prévention passe notamment par l’absence d’usage systématique des protections urinaires ou de pose de sonde urinaire quand ce n’est pas justifié et par la recherche attentive des causes possibles de rétention urinaire.
  • Risque médicamenteux : il est important d’établir une liste précise des médications déjà prises par le patient à son arrivée dans le service, d’optimiser le traitement en tenant compte des caractéristiques du patient, et d’être particulièrement attentif à la rédaction de l’ordonnance et du compte rendu de sortie.

Les interventions sur les équipements, l’organisation et l’interface ville/hôpital

La prévention passe aussi par :

  • une adaptation et une sécurisation de l’environnement et des équipements ;
  • une amélioration de l’accueil à l’hôpital : quand c’est possible, il est préférable de favoriser un accès direct plutôt qu’un passage par les services d’urgence, ou du moins d’en limiter au maximum la durée ;
  • une préparation minutieuse de la sortie, en évaluant le patient et son environnement et en veillant à une bonne communication des informations, aux proches comme aux professionnels de santé qui vont prendre la suite ;
  • une formation des personnels sur les risques iatrogènes liés à l’hospitalisation et une promotion des soins infirmiers ;
  • une amélioration de l’interface ville/hôpital par le développement de filières gériatriques.

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