Repérage des maltraitances sur enfant : la HAS actualise sa fiche mémo

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Repérage des maltraitances sur enfant : la HAS actualise sa fiche mémo

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Dans sa pratique quotidienne, le professionnel de santé peut être amené à suspecter des actes de maltraitance sur des enfants qu’il voit à l’occasion de consultations. En effet, 80 % des mauvais traitements sur enfants sont infligés au sein même du cercle familial, et ils concernent tous les milieux sociaux. Il est donc particulièrement important que le professionnel dispose des outils pour les repérer et sache quelles initiatives il peut, et doit, prendre.

C’est l’objet de la fiche « Maltraitance chez l’enfant : repérage et conduite à tenir » publiée par la HAS en octobre 2014, et qu’elle a actualisée en juillet 2017.

  • Pharmacien
  • Médecin généraliste et urgentiste
  • Sage-femme
  • Infirmier
  • Masseur-kinésithérapeute
  • Autres paramédicaux
  • Médecin spécialiste
Auteur : Stéphanie TAMBURINI, Juriste / MAJ : 11/09/2018

Comment repérer la maltraitance ?

C’est tout un ensemble d’éléments, relevant de l’examen clinique et de l’interrogatoire, qui peuvent contribuer à mettre en évidence un risque ou un signe de maltraitance :

  • La situation de l’enfant (existence d’un éventuel handicap, troubles du comportement) et des parents (antécédents personnels de maltraitance, addictions, isolement social, troubles psychologiques, etc.).
  • L’anamnèse : plaintes somatiques sans étiologie claire, accidents domestiques répétés, tentatives de suicide, fugues, échec scolaire.
  • Les signes physiques : ecchymoses en nombre ou localisation différentes, brûlures, morsures, fractures, lésions viscérales, et en particulier lorsque plusieurs signes sont présents simultanément.
  • Les signes de négligences lourdes : dénutrition, hygiène, éducation.
  • Les signes comportementaux de l’enfant (troubles du comportement alimentaire, repli, agressivité ou, au contraire, recherche excessive de contact avec l’adulte) et des parents (indifférence à l’égard de l’enfant ou, au contraire, trop grande proximité corporelle, comportement intrusif, dénigrement de l’enfant, agressivité).

Quand et comment rechercher des signes de maltraitance ?

Il existe plusieurs occasions de repérer d’éventuelles maltraitances :

  • L’examen clinique : pour être contributif, l’examen doit se réaliser sur un enfant dévêtu et comporter la recherche d’éventuelles traces de violence sur l’ensemble du corps, ainsi que l’observation du comportement de l’enfant.
  • L’entretien avec l’entourage : il s’agit de recueillir les événements de vie, les antécédents médicaux et familiaux, et d’aborder la relation parent/enfant, en gardant à l’esprit que la personne avec laquelle on s’entretient peut être auteur ou complice (par action ou passivement) de la maltraitance.
  • L’entretien avec l’enfant : si l’âge de l’enfant le permet, il peut être utile de s’entretenir seul avec lui, en lui posant des questions ouvertes et en le laissant s’exprimer librement.
  • L’imagerie : certaines lésions sont évocatrices d’une maltraitance (fractures occasionnées par des gestes de torsion ou de traction, fractures de côtes ou des extrémités chez le nourrisson).

Dès lors que le praticien a relevé des indices en faveur d’une maltraitance, il doit les consigner dans le dossier de l’enfant. S’il s’agit de propos tenus par l’enfant ou la famille, ils doivent être retranscrits entre guillemets, tels qu’ils ont été entendus, en évitant tout commentaire. En revanche, il est préférable de ne faire figurer dans le carnet de santé que des données objectives relatives au développement de l’enfant ou aux pathologies observées.

Quelles décisions possibles pour protéger l’enfant ?

Plusieurs actions sont possibles, étant rappelé que le médecin doit protéger l’enfant, conformément aux articles R. 4127-43 et 44 du code de la santé publique :

  • Dans les situations d’urgence (si l’enfant est un nourrisson ou s’il existe un risque médical important, voire vital) : hospitalisation immédiate (via le SAMU en cas d’urgence vitale, en prévenant le médecin senior et le Procureur de la République par téléphone et fax dans les autres cas, par exemple lorsqu’une mise à l’abri de l’enfant est nécessaire mais qu’il n’y a pas de risque vital).
  • En dehors des situations d’urgence : il est recommandé de mener une réflexion collégiale avec le médecin scolaire et/ou de PMI, car ces situations sont souvent complexes et nécessitent la réunion de plusieurs points de vue. Selon les cas, il peut être utile de communiquer les « informations préoccupantes » à la cellule départementale de recueil, d’évaluation et de traitement des informations préoccupantes (CRIP).

Trois cas particuliers

La fiche mémo de la HAS aborde particulièrement trois situations, dans lesquelles elle prodigue des conseils spécifiquement adaptés :

  • le syndrome du bébé secoué ;
  • la maltraitance sexuelle intrafamiliale ;
  • la mort inattendue du nourrisson.