Soins aux soignants : quelles actions, quelles solutions ?

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Soins aux soignants : quelles actions, quelles solutions ?

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La santé des soignants fait l'objet d'une mobilisation croissante de la part d'associations qui se sont emparées du sujet et ont mis en place des dispositifs afin d'améliorer la prévention, le repérage et la prise en charge des soignants fragilisés, malades ou en souffrance. Tour d'horizon de ces actions et de ces initiatives.

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Auteur : MACSF / MAJ : 11/12/2018

Les dispositifs existants

Le numéro vert de l’AAPML (Association d’aide professionnelle aux médecins libéraux) constitue le premier dispositif de ce type en France. Fondée en 2004 et récemment reconnue d’utilité publique, l’AAPML vise à la fois à prévenir l’épuisement professionnel, proposer un premier niveau d’aide aux soignants, et promouvoir des solutions en faveur des soins aux soignants (information, formation, actions en faveur de la prévention du burn-out et du repérage de professionnels en souffrance).

Cette ligne téléphonique dédiée (0800 288 038), disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, permet aux appelants d’être mis en relation avec un praticien spécialement formé à l’écoute téléphonique et aux problématiques rencontrées par les soignants.

Forte de son expérience, l’association s’est étendue progressivement à l’ensemble du territoire et des professionnels de santé concernés par l’épuisement professionnel.

L’AAPML poursuit également un travail important de sensibilisation et de prévention, non seulement auprès des soignants mais également auprès des pouvoirs publics (DGOS notamment) et de différents acteurs institutionnels. Elle fait elle-même partie de l’European Association for Physician Health (EAPH), qui organise tous les deux ans un congrès international, dont le dernier s’est récemment tenu à Paris les 24 et 25 avril derniers. 

Plusieurs autres associations ont mis en place des dispositifs d’aide, dont :

  • l’association SPS (Soins aux Professionnels de Santé), qui vise à accompagner les soignants vulnérables par des actions de prévention, d’orientation et de prévention à l’échelle nationale (études, colloques, ressources en ligne) ; elle dispose d’une ligne dédiée (0805 23 23 36)

  • la commission SMART (Santé du Médecin Anesthésiste-Réanimateur au Travail) du CFAR (Collège Français des Anesthésistes Réanimateurs), qui propose des outils concrets (fiches pratiques pour repérer et aider un confrère, auto-tests en ligne) en faveur de la santé au travail des professionnels, médecins et infirmiers de cette spécialité ; elle dispose également d’un numéro vert (0800 00 69 62).

  • La campagne « Dis Doc, T’as ton Doc », lancée récemment par la commission SMART du CFAR auprès de l’ensemble des médecins de France afin de les sensibiliser à l’importance de choisir un médecin traitant plutôt que de recourir à l’auto-diagnostic et à l’auto-médication. Cette initiative inédite en la matière mobilise une trentaine de partenaires institutionnels qui se sont engagés à diffuser des messages d’incitation en ce sens.

Formation : où en est-on ?

Des formations spécifiques commencent à se développer, comme le DIU « Soigner les soignants » créé à l’université Paris Diderot en partenariat avec l’université Toulouse Rangueil et qui a pour objectifs d’aider le soignant à veiller à sa santé, à mieux gérer son activité professionnelle, notamment à éviter et surmonter l’erreur médicale et, en miroir, à aider les médecins à soigner au mieux leurs confrères.

Le DIU « Soigner les soignants » est à ce jour la principale formation de ce type proposée en France. Comme l’explique le Professeur Eric Galam, les soignants ne reçoivent aucun enseignement particulier sur leur santé et celle de leurs confrères dans le cadre de leur formation initiale. Par principe, ils sont considérés comme infaillibles, sont censés ne pas être malades et ne pas commettre d’erreur. Les enseignements sur l’erreur médicale et la gestion des risques sont relativement récents (10-15 ans). Travailler sur le soignant impacté par une erreur médicale, dont il est ou non responsable, constitue une étape supplémentaire dans ce virage pris sur la sécurité des soins au début des années 2000 mais reste encore marginal. Or la souffrance éprouvée par le soignant (« seconde victime ») à la suite d’une erreur médicale est un élément essentiel à prendre en compte.

En savoir plus sur le DIU Soigner les soignants

Depuis 4 ans, l'université Paris XI (faculté de Bicêtre) propose également un diplôme universitaire "Prévention des risques psychosociaux et gestion du stress en pratique soignante", co-dirigé par le Pr Benhamou, le Dr Isabelle Nègre et le Dr Catherine Bernard, ouvert à tous les professionnels de santé hospitaliers et libéraux de toutes spécialités, y compris les jeunes médecins en formation.

En savoir plus sur le DU Prévention des RPS et gestion du stress en pratique soignante

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) et les conseils régionaux se positionnent aussi de plus en plus comme une ressource d’aide confraternelle à cet égard. Le DIU « Soigner les soignants » a été salué dès sa première promotion et a été également présenté le 21 mars 2017 dans le cadre du volet ambulatoire de la stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail de l’ensemble des professionnels de santé. Il a obtenu, dès sa première année d’existence, le droit au titre par le CNOM.

Développer le rôle de la médecine du travail en matière de prévention et de détection

Faire un examen de médecine préventive à un confrère hospitalier est souvent très difficile. D’ailleurs, la plupart d’entre eux ne se rendent pas aux convocations. Néanmoins, de nombreux médecins du travail sont maintenant sensibilisés aux risques psycho-sociaux dans les établissements de soins et à l’importance de la psychologie dans leur travail, d’où la nécessité d’avoir une capacité d’écoute et de savoir détecter le risque suicidaire.

Selon le professeur Eric Galam, "nous avons de plus en plus besoin des médecins du travail pour les soignants. Si les soignants peuvent les identifier comme des interlocuteurs à leur écoute, à qui ils peuvent confier les difficultés qu’ils rencontrent au travail (hiérarchie, rivalités, surmenage), ces médecins peuvent être une aide précieuse dans la détection et la prévention des risques. Ils peuvent favoriser la confiance authentique nécessaire à une véritable prise en charge et un suivi médical de qualité."

Retrouvez cet article dans le numéro 66 de Responsabilité et téléchargez la revue en PDF


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