Risques potentiels en ophtalmologie

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Risques potentiels en ophtalmologie

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Le nombre de déclarations annuelles de sinistres mettant en cause la responsabilité civile professionnelle des ophtalmologistes libéraux français de l’Hexagone et des DOM TOM est globalement stable.

Nous retrouvons, ainsi que dans toutes les disciplines médicales, une augmentation relative des procédures initiées auprès des CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation) par rapport aux procédures judiciaires.

Concernant les risques émergents en ophtalmologie, nous avions déjà abordé la récente augmentation des mises en cause des ophtalmologistes par les patients achetant leurs lunettes sur internet.

Nous attirons cette fois-ci l’attention des chirurgiens sur les cristallins des jeunes seniors demandeurs de chirurgie réfractive et opérés comme des cataractes avec prise en charge de la CPAM.

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Auteur : Dr Valérie AMELINE, Ophtamologiste conseil MACSF - Le Sou Médical / MAJ : 08/06/2017

Effectivement, beaucoup de jeunes retraités, porteurs de lunettes au bureau souhaitent s’en affranchir une fois la retraite venue. En forme physiquement et intellectuellement, ils veulent garder une vie active et dynamique, voire sportive tout en abandonnant leurs lunettes. Le port de verres est de plus en plus vécu comme une contrainte particulièrement à l’âge de la retraite où un quart de siècle plein de projets se profile désormais pour la majorité de nos seniors. Ces jeunes retraités actifs se tournent donc naturellement vers leur ophtalmologiste afin de savoir s’ils peuvent bénéficier des dernières techniques leur permettant de se dispenser de lunettes.

Ils ont en général, une acuité visuelle normale ou subnormale avec correction. Il ne s’agit donc pas d’une chirurgie de cataracte à proprement parler au sens de la définition habituelle de la cataracte qui est une opacification du cristallin, source de baisse de la meilleure acuité visuelle corrigée.

Les référentiels sont déjà anciens, notamment la Conférence de Consensus sur la Chirurgie de la cataracte de l’adulte, qui date de 1994 et justifierait d’être revue.

Nous avons récemment géré plusieurs sinistres où en cas de chirurgie du cristallin quasi clair, assimilée par le chirurgien à une chirurgie de cataracte prise en charge par les organismes sociaux, le patient ne manquait pas de mettre en cause la responsabilité civile professionnelle de son chirurgien en cas de complication, alléguant avoir une vision normale avant chirurgie et ne comprenant pas qu’il ait pu perdre une ou plusieurs lignes de meilleure acuité visuelle corrigée. Or, la chirurgie de cataracte à cristallin clair pouvant être assimilée à une chirurgie de « confort », le risque que l’indication opératoire soit reconnue non justifiée par le juge ou la CCI et que la responsabilité du praticien soit de fait reconnue, est important.

Il nous semble donc nécessaire de bien différencier la chirurgie de cataracte du patient ayant une réelle baisse d’acuité visuelle, de la chirurgie du cristallin clair ou quasi clair avec acuité visuelle conservée supérieure ou égale à 8/10 et qui devra être considérée comme étant une technique de chirurgie réfractive, non prise en charge par la sécurité sociale, avec information renforcée du patient. Patient qui devra bien être conscient qu’il n’y a pas de chirurgie sans risque, même si la chirurgie du cristallin est actuellement une chirurgie parfaitement réglée avec un taux de complications particulièrement bas. De même, l’utilisation d’implants multifocaux justifie une information spécifique en plus de la fiche SFO N°1 sur la chirurgie de la cataracte de l’adulte, afin qu’en cas de déception, le patient ne puisse alléguer ne pas avoir été informé des halos lumineux nocturnes ou autres gênes toujours possibles….que ne mentionne pas la fiche « princeps ».

En conclusion, nous souhaitions  simplement mettre en exergue ce risque émergent en ophtalmologie, source de réclamations ou procédures et de dossiers potentiellement lourds pour l’assureur bien que simplement liée à l’insatisfaction de jeunes seniors pleinement actifs ayant souhaité s’affranchir de la contrainte de lunettes.


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