Check-list "sécurité du patient au bloc opératoire"

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Check-list "sécurité du patient au bloc opératoire" : nouvelles recommandations de la HAS

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La réalisation d’une check-list au bloc opératoire est exigée dans la procédure de certification des établissements de santé depuis 2010. En 2011, la Haute Autorité de Santé (HAS), en concertation avec les professionnels concernés, a proposé un outil, sous la forme de recommandations, permettant d’améliorer la sécurité du patient au bloc opératoire : la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire ».

En 2016, la HAS propose une nouvelle version de cette check-list. Il s’agit en réalité d’une reprise de la version élaborée en 2011, avec une nouveauté visant les points de vigilance spécifiques à respecter lors d’une chirurgie réalisée sur un enfant.

  • Etablissement de santé
  • Interne
  • Infirmier
  • Autres paramédicaux
  • Médecin spécialiste
Auteur : Margaux DIMA, Juriste / MAJ : 02/06/2016

Rappel sur les 11 points de vigilance de la check-list au bloc opératoire à respecter

Dans ses recommandations, la HAS met en avant 11 points de vigilance, divisés en trois phases. Ces points doivent être vérifiés oralement, en présence de l’équipe médico-soignante et avec la participation du patient (avant son anesthésie). Leur réalisation doit également être tracée sur support papier ou électronique par un coordonnateur check-list. La HAS précise que, le plus souvent, il s’agit du personnel infirmier, en coordination avec le chirurgien et l’anesthésiste responsables de l’intervention ou, le cas échéant, avec le professionnel qualifié en chirurgie ou anesthésie auquel a été délégué un temps opératoire.

PHASE 1 : Avant l’induction anesthésique -Temps de pause avant anesthésie

  • 1/ Identité du patient
    Le patient doit décliner son identité. S’il est incapable de le faire, la vérification de l’identité est effectuée par le personnel en salle selon la procédure d’identitovigilance mise en place dans l’établissement (bracelet, personnel d’accompagnement…).
  • 2/ Nature de l’intervention et site opératoire
    Le patient confirme la nature de l’intervention et le site opératoire. Une vérification, à travers le dossier ou par toute autre procédure en vigueur dans l’établissement ou recommandée par les collèges professionnels de la spécialité, doit être, dans tous les cas, effectuée.
  • 3/ Installation du patient
    L’installation du patient doit être cohérente avec la nature de l’intervention envisagée (disponibilité des accessoires, choix du plateau...). Le mode d’installation du patient doit être connu de l’ensemble de l’équipe présente dans le bloc.
  • 4/ Préparation cutanée
    La préparation cutanée est documentée dans la fiche de liaison service/bloc opératoire. Elle doit être réalisée en amont, selon les procédures en vigueur dans l’établissement.
  • 5/ Equipement et matériel
    L’équipement et le matériel nécessaires pour l’intervention doivent être adaptés au poids et à la taille du patient.
    Le personnel qualifié vérifie la disponibilité et le bon fonctionnement des instruments, appareils, dispositifs médicaux nécessaires pour la partie chirurgicale. Les procédures de vérification de sécurité anesthésique doivent être effectuées selon la réglementation en vigueur par le personnel qualifié en anesthésie.
  • 6/ Risques allergiques, respiratoires et hémorragiques
    Les mesures indispensables et adéquates en cas de risques allergiques, respiratoires et hémorragiques doivent être adoptées.

PHASE 2 : Avant l’intervention chirurgicale - Temps de pause avant l’incision

  • 7/ Vérification « ultime » de points concernant l’intervention
    Cette vérification doit être menée par l’ensemble de l’équipe présente au bloc opératoire : chirurgien(s), anesthésiste(s) et IADE - IBODE/IDE.
    L’identité du patient, l’intervention prévue et le site opératoire doivent être vérifiés et confirmés une seconde fois.
    Le chirurgien doit également vérifier que l’installation du patient est correcte et en adéquation avec l’intervention et le site opératoire (elle ne doit présenter aucun danger pour le patient).
    La HAS précise également qu’il convient de vérifier, au plus tard à ce moment de la procédure, de la disponibilité en salles des documents cliniques nécessaires (notamment imagerie).
  • 8/Partage oral d’informations essentielles concernant les éventuels points critiques
    Ces informations doivent être communiquées au sein des équipes chirurgicale, anesthésique et infirmière aux fins d’anticiper les situations à risque.Sur le plan chirurgical : les membres de l’équipe doivent être informés des étapes qui peuvent exposer le patient à un risque d’hémorragie importante, de traumatisme ou d’autres causes de morbidité majeure ou encore les étapes nécessitant un équipement spécial, des implants ou des préparations particulières…Sur le plan anesthésique : une communication sur les comorbidités ou traitements en cours doit être effectuée (anticoagulants, antihypertenseurs, antidiabétiques…).Sur le plan infirmier : le personnel doit confirmer qu’il n’y a pas de problème particulier avec le matériel nécessaire à l’intervention.
  • 9/Antibioprophylaxie, si elle est recommandée, et préparation du champ opératoire
    L’équipe doit vérifier que l’antibioprophylaxie, si elle est recommandée, a bien été effectuée selon les recommandations et protocoles en vigueur dans l’établissement.La préparation du champ opératoire, selon le protocole en vigueur dans l’établissement, doit être confirmée.

PHASE 3 : Après l’intervention chirurgicale -Temps de pause avant la sortie de la salle d’opération

  • 10/ Confirmations orales
    L’équipe confirme oralement le type d’intervention réalisée et, s’il y a lieu, le décompte final correct des instruments, aiguilles, compresses… ainsi que l’identification par étiquetage des prélèvements ou pièces opératoires réalisés.Il est également nécessaire que tout dysfonctionnement éventuellement rencontré pendant l’intervention soit déclaré par l’équipe.
  • 11/ Réalisation conjointe des prescriptions et de la surveillance postopératoires par l’équipe chirurgicale et anesthésique
    Ces prescriptions doivent être adaptées à l’âge, au poids et à la taille du patient. 

La HAS précise également qu’en cas d’écart à la check-list, la décision concertée de poursuivre ou d’interrompre la procédure chirurgicale doit être précisée sur le document check-list dans la plage réservée à cet effet.

Enfin, la check-list doit être signée par le chirurgien, l’anesthésiste ou l’IADE et par le coordonnateur check-list.

Voir l'infographie : 11 points de vigilance de la check-list au bloc opératoire à respecter

Comment utiliser la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » ?

Sur son site internet, la HAS tire un bilan positif de la check-list dans la mesure où celle-ci est connue par de nombreux professionnels travaillant au bloc opératoire et est utilisée pour la plupart des interventions. En revanche, la HAS estime qu’elle n’est pas utilisée de manière optimale « notamment lors du partage des informations au sein de l’équipe pendant la pause préopératoire et pour les prescriptions conjointes avant la sortie du bloc opératoire ».

Or, la check-list n’est efficiente que si elle est correctement utilisée, c’est-à-dire réalisée de manière collégiale et concertée entre les différents professionnels de santé et avec le patient (ou ses parents) avant, pendant et après l’intervention.

La HAS rappelle qu’elle ne doit pas être remplie comme un formulaire administratif, « vidé de son sens et sans la participation de tous les membres de l’équipe ». Les professionnels de santé « doivent se l’approprier, si nécessaire l’adapter, et la réaliser de manière concertée avant, pendant et après l’intervention chirurgicale ».

En ce sens, la HAS a travaillé avec des sociétés savantes et organisations professionnelles pour réaliser des check-list adaptées à certains domaines spécifiques : check-list « sécurité du patient en endoscopie bronchique », check-list « sécurité du patient en endoscopie digestive », check-list « sécurité du patient en radiologie interventionnelle » ou encore la check-list « chimiothérapie »

En tout état de cause, pour favoriser une meilleure utilisation de la check-list, la HAS et ses partenaires mettent à disposition différents supports : guides de présentation, fiches synthétiques d’information, supports d’auto-évaluation, suivi d’indicateurs…

Différents documents permettent d’appréhender et d’utiliser efficacement la check-list, comme par exemple un document intitulé « Pour une meilleurs utilisation de la check-list sécurité du patient au bloc opératoire » ou encore un document « check-list en pratique »  qui propose une démonstration vidéo de la mise en œuvre de la check-list sécurité du patient au bloc opératoire.

Quelle est la nouveauté de la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » dans sa version 2016 ?

L’innovation de la check-list, dans sa version 2016, concerne les points de vigilance spécifiques lors d’interventions sur des enfants. En effet, la HAS estime que la prise en charge au bloc opératoire d’enfants en bas âge (moins de 6 ans) nécessite des précautions supplémentaires.

La  check-list sécurité du patient au bloc opératoire en chirurgie infantile reprend donc la check-list sécurité du patient au bloc opératoire mais répertorie 5 points de vigilance spécifiques identifiés chez l’enfant.

En effet, lors d’interventions sur des enfants, la HAS recommande :

  • d’associer, impérativement, les parents lors de la vérification de l’identité de l’enfant, de l’intervention et du site opératoire.
  • de disposer d’une autorisation d’opérer signée par les parents ou par le représentant légal. Cette exigence est d’ailleurs incluse dans le point n  °1 relatif à la vérification de l’identité du patient.
  • de prévoir une installation, du matériel et des prescriptions adaptés à l’âge, au poids et à la taille de l’enfant.
  • de prévenir l’hypothermie peropératoire.
  • de définir des seuils d’alerte spécifiques pour la période postopératoire.

Ces précautions spécifiques relatives à la prise en charge d’enfants au bloc opératoire, sont destinées à sécuriser le parcours de soins des plus jeunes. Leur respect pourrait permettre de diminuer la réalisation de certains évènements indésirables au bloc.


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