Les erreurs médicamenteuses des infirmier(e)s

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Les erreurs médicamenteuses des infirmier(e)s

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Par définition, les erreurs médicamenteuses ne concernent que les actes de soins en lien avec l’administration d’un principe actif, préalablement prescrit par un médecin. La Haute Autorité de Santé, dans son guide « Outils de sécurisation et d’auto-évaluation de l’administration des médicaments » a identifié, à partir de nombreuses publications, les causes favorisant la survenue de ces erreurs médicamenteuses.

  • Infirmier
Auteur : Bruno FRATTINI, Cadre Supérieur de Santé, expert en Prévention des Risques - MACSF - Le Sou Médical et Eric LOPARD, Médecin anesthésiste-conseil. / MAJ : 02/04/2019

Par définition, les erreurs médicamenteuses ne concernent que les actes de soins en lien avec l’administration d’un principe actif, préalablement prescrit par un médecin. Cette problématique est omniprésente, dans tous les secteurs de soins, court et long séjours, hospitalisation à domicile …

Le guichet des erreurs médicamenteuses de l’AFSSAPS, structure de réception et de gestion des signalements, a permis de colliger les déclarations d’événements indésirables de mars 2005 à décembre 2009 inclus, soit un total de 2206. Cette base de données permet de donner des indications sur la nature des erreurs réalisées. Voici les typologies les plus couramment rencontrées :

  • erreur de médicament,
  • médicament périmé ou détérioré,
  • erreur de forme galénique,
  • erreur de dosage,
  • erreur de posologie ou de concentration,
  • erreur de technique d’administration,
  • erreur de débit,
  • erreur de patient,
  • erreur de technique de préparation…

La Haute Autorité de Santé, dans son guide « Outils de sécurisation et d’auto-évaluation de l’administration des médicaments » a identifié, à partir de nombreuses publications, les causes favorisant la survenue de ces erreurs médicamenteuses :

  • l’étape de la vérification de la conformité de la prescription n’est pas réalisée : le déploiement du Dossier Patient Informatisé dans les structures de soins permettrait la validation pharmaceutique des traitements prescrits,
  • la lecture de l’étiquetage des produits n’est pas toujours faite : beaucoup de paramédicaux font trop confiance au rangement dans les armoires à pharmacie ; ou la charge de travail trop lourde induit la déviance par rapport aux bonnes pratiques,
  • l’étiquetage présente un défaut : déconditionnement des produits, absence d’étiquetage ad hoc des médicaments reconstitués,
  • la traçabilité de l’allergie n’est pas toujours réalisée : ni par l’équipe médicale lors du recueil de l’anamnèse ou de l’équipe paramédicale lors de l’accueil du patient dans le secteur de soins,
  • la lecture de la prescription n’est pas toujours aisée : cette problématique devrait disparaître avec l’informatisation de la prescription,
  • la similitude des noms de médicaments : d’où la nécessité de mettre à jour le livret du médicament dans l’établissement de santé. La démocratisation des outils numériques devrait permettre des modifications plus rapides,
  • la défaillance des équipements permettant l’administration des préparations médicamenteuses : l’intérêt des maintenances préventives et/ou curatives à la première alerte n’est plus à démontrer, et l’utilisation des consommables adaptés pas toujours respectée,
  • le non respect des procédures en place est fortement constaté : les causes de ces déviances ne sont pas toujours comprises. Il convient de rappeler ne pas déroger aux règles retenues pour assurer un niveau de sécurité le plus optimal,
  • le défaut d’écriture : le constat de traitement administré après prescription orale tend à diminuer, mais reste présent dans nos organisations de soins,

Afin d’améliorer encore la sécurité du processus de la prise en charge médicamenteuse, un certain nombre de règles simples doivent être respectées lors des étapes suivantes :

  • prescription : qualité et gestion des données,
  • préparation des traitements : extemporanée pour les traitements injectables, double contrôle pour la réalisation des piluliers, qualité et fiabilité des calculs de doses, rigueur dans l’étiquetage,
  • contrôle : maîtrise du facteur humain (exercices réguliers de calculs de dose) et du facteur organisationnel pour éviter toute perte de temps, faire les liens entre les informations (allergie notamment),
  • administration : identification du patient, vérification de la prescription et de la voie d’administration prescrite,
  • enregistrement et surveillance : qualité de la traçabilité, pas d’anticipation et pas de retard 
  • toujours réaliser la traçabilité en extemporanée permettant ainsi une dernière vérification entre prescription et administration du traitement préparé.

Enfin, il convient de rappeler que les erreurs surviennent plus facilement lors des interruptions de tâches, qui peuvent être nombreuses dans certains secteurs. C’est un facteur contributif à la survenue d’erreurs, et notamment lors de la préparation des médicaments. Toute rupture dans le déroulement d’une activité, qu’elle soit propre à l’opérateur ou pour une raison externe (collègue, médecin, patient, famille, …), perturbe la concentration nécessaire à la bonne réalisation de l’acte et altère de fait la performance. Rappelons que « Gérer les interruptions de tâches, c’est un travail d’équipe avant tout ! » (3)

Pour résumer, lorsqu’on administre un traitement médicamenteux, il faut garder en tête et appliquer de manière rigoureuse la règle des 5 B :

5 B

Bon patient

Bon médicament

Bon dosage

Bonne voie

Bon moment

Références :
(1) Outils de sécurisation et d’auto-évaluation de l’administration des médicaments – Haute Autorité de Santé – Mai 2013
(2) Le guichet erreurs médicamenteuses – Bilan d’activité de l’année 2009 – Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé – Direction de l’Evaluation des Médicaments et des Produits Biologiques - Juillet 2010
(3) Guide HAS – Outils de sécurisation et d’auto-évaluation de l’administration des médicaments – L’interruption de tâche lors de l’administration des médicaments – « Comment pouvons-nous créer un système où les bonnes interruptions sont autorisées et les mauvaises bloquées(5) » - Janvier 2016


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