La gestion des « No Go » au bloc

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La gestion des « No Go » au bloc

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  • gestion des "no go"

Parmi les événements indésirables associés aux soins qui se produisent au bloc opératoire, une importante proportion1 survient avant même l'incision, conduisant à l'interruption de l'intervention.

A partir de ce constat, la structure Orthorisq a analysé les événements indésirables et identifié une nouvelle situation à risque pour le patient : le « No Go ».

En novembre 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) en a fait une SSP (solution pour la sécurité du patient). En voici les points principaux.

  • Etablissement de santé
  • Médecin spécialiste
  • Infirmier
Auteur : Stéphanie TAMBURINI, Juriste / MAJ : 11/01/2019

Qu'est-ce qu'un « No Go » au bloc opératoire ?

C'est un terme emprunté à l'aéronautique, qui désigne l'arrêt immédiat et imprévu de l'acte chirurgical au bloc, avant l'incision cutanée.

On parle de « No Go » quand l'intervention est interrompue car tous les éléments indispensables à son bon déroulement, ou au bon déroulement de l'anesthésie, ne sont pas réunis pour des raisons diverses : problèmes d'organisation, de coordination, de communication, etc.

Le but est d'éviter de faire courir un risque supplémentaire au patient, du fait de l'événement identifié comme pouvant être à l'origine d'un « No Go ».

C'est une procédure qui s'intègre dans la démarche de qualité des soins.

Pourquoi une SPP (solution pour la sécurité du patient) ?

  • Pour exploiter les retours d'expérience : la SSP s'appuie sur les événements indésirables associés aux soins déclarés par les adhérents d'Orthorisq.
  • Pour proposer des actions préventives concrètes aux professionnels.
  • Pour limiter les « No Go » ou en atténuer les effets.

Quels sont les trois piliers de la SSP ?

  • Prévenir les « No Go » en mettant en place des alertes et des rappels pour contrôler l'accomplissement des tâches nécessaires en amont de l'intervention.
  • Récupérer les « No Go » par une utilisation et un respect de la check-list HAS « Sécurité du patient au bloc opératoire » et par une bonne communication au sein de l'équipe du bloc.
  • Atténuer les « No Go » en s’assurant de l’existence au sein de l'établissement d'un dispositif de déclaration des événements indésirables associés aux soins et d'outils d'analyse permettant d'approfondir leur cause (exemple : les RMM).

Comment prévenir un « No Go » ?

  • Toujours informer le patient, lors des consultations préopératoires, de l'éventualité d’une annulation de l'intervention si la situation l'exige avant l'incision.
  • S'assurer 48 heures avant l'intervention de la disponibilité des dispositifs médicaux nécessaires à l'intervention ainsi que du matériel chirurgical et des éventuels autres matériels spécifiques.
  • Dans les 24 heures avant l'intervention, vérifier les traitements médicamenteux du patient et la cohérence des informations concernant le site opératoire, et s'assurer que les examens nécessaires ont bien été réalisés.
  • Le jour même de l'intervention, vérifier l'état cutané du patient et faire un dernier point sur ses traitements et sur les contrôles biologiques éventuellement nécessaires. 

Toutes ces étapes doivent évidemment être tracées dans le dossier médical du patient.

Comment récupérer un « No Go » ?

  • Réaliser correctement la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » pour prendre une décision concertée et éclairée quant à la poursuite ou non de l'intervention.
  • Renforcer la concertation et la communication effective au sein de l'équipe afin de faciliter la prise de décision.
  • Pour l'atteinte de cet objectif, la SSP propose une modification de la check-list, avec l'ajout d'un item dédié à la traçabilité de la décision prise pour un « Go » ou un « No Go ».

Comment atténuer le « No Go », une fois survenu ?

  • Proposition d'une aide cognitive pour aider les équipes à structurer la prise de décision, dans une situation qui est nécessairement inattendue. C'est la démarche « Pour Décider » qui permet de prendre la meilleure décision possible dans l'intérêt du patient, en évaluant au mieux le ratio bénéfices-risques.
  • Une concertation doit avoir lieu entre anesthésiste et chirurgien dans la salle d'opération pour décider qui va informer le patient et/ou son représentant légal du « No Go » survenu.
  • Les informations communiquées au patient doivent être notées très précisément dans son dossier.
  • La déclaration d'événement indésirable doit être faite dans le système de déclaration de l'établissement, et ses causes doivent être analysées de manière approfondie afin de mettre en place les mesures correctrices nécessaires.
  • Le cas échéant, si l'incident trouve sa cause dans un matériel, il faut déclarer l'incident auprès du fabricant, mais pas nécessairement lui adresser le matériel concerné.

 

 143,5 % entre le 1er octobre 2014 et le 30 septembre 2015, selon une étude d’Orthorisq.
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