Arthroscopie du genou et risque médico-légal

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Arthroscopie du genou et risque médico-légal

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  • chirurgie du genou

La chirurgie arthroscopique du genou est une intervention extrêmement courante. Les principales indications sont la ménisectomie, la suture méniscale et la ligamentoplastie du pivot central. Les réclamations au décours de ces interventions sont devenues relativement fréquentes.

  • Médecin spécialiste
Auteur : Dr Nicolas CHANZY, Chirurgien orthopédiste conseil / MAJ : 25/01/2019

Arthroscopie du genou : quels sont les principaux motifs de réclamations ?

Les motifs de réclamation concernent essentiellement :

  • la survenue d’infections,
  • de thromboses veineuses,
  • d’algodystrophies,
  • une gêne fonctionnelle résiduelle.

Mais également des événements indésirables non fautifs sous réserve qu’une information pré opératoire tracée et exhaustive ait été délivrée, notamment :

  • les échecs de suture méniscale,
  • les bris de matériel,
  • les méniscectomies itératives,
  • le Cyclop Syndrom,
  • les laxités résiduelles,
  • la rupture itérative du transplant ligamentaire.

Dans quels cas le chirurgien peut-il être mis en cause ?

Lors d'une arthroscopie du genou, le chirurgien peut voir sa responsabilité évoquée et parfois retenue sur la base :

  • d’un défaut d’information préopératoire concernant tant les alternatives thérapeutiques que les complications possibles et le résultat attendu de l’intervention,
  • d’une erreur de côté opéré,
  • de méniscectomies « non justifiées » avec chondrolyse secondaire,
  • de sutures méniscales ou ligamentoplasties du pivot central non justifiées,
  • d’un défaut de positionnement des tunnels et/ou des vis lors des ligamentoplasties,
  • de la survenue d’une lésion artérielle et/ou nerveuse,
  • de brûlures à la lumière froide ou au décours de l’utilisation du waper,
  • de complications infectieuses avec défaut de prescription de l’antibioprophylaxie alors que celle-ci est recommandée.

Appliquer les recommandations des sociétés savantes permet de limiter les réclamations

Ainsi, la responsabilité du chirurgien se voit le plus souvent engagée lorsque les recommandations actuelles ne sont pas appliquées :

  • Lésion méniscale ne signifie pas systématiquement chirurgie.

Les lésions méniscales dégénératives instables sous réserve d’un bilan radiographique qui ne retrouve pas de pincement, une I.R.M. sans modification du signal osseux, après échec du traitement médical symptomatique peuvent bénéficier d’une ménisectomie économique. Dans les autres cas, une prise en charge rhumatologique est préférée

  • Les indications de suture méniscale répondent à des critères bien établis :

             - Lésion méniscale traumatique, récente, périphérique, chez un patient jeune motivé, en particulier le ménisque externe.

             - En cas de reconstruction du ligament croisé antérieur, les lésions périphériques instables seront suturées à chaque fois que possible

  • Toutes les ruptures de ligament croisé antérieur ne justifient pas d’une intervention chirurgicale :

Une ligamentoplastie est retenue chez les patients jeunes présentant une instabilité fonctionnelle, ce d’autant s’ils ont une activité sportive de pivot ou professionnelle à risque.

Penser à informer le patient des risques de l'intervention

Ces recommandations appliquées et même en l’absence de tout manquement médicochirurgical, la responsabilité du chirurgien peut être sérieusement discutée en cas de survenue d’une complication dont le patient n’aurait pas été informé, pouvant être à l’origine d’une perte de chance de choisir une solution thérapeutique en toute connaissance ….

Ce défaut d’information est simple à prévenir sous réserve du respect de certaines règles :

  • Un consentement exhaustif et spécifique à l’acte opératoire dans lequel figure :
    • La pathologie et le coté à opérer
    • Les alternatives thérapeutiques
    • Le type d’intervention retenue
    • Les complications générales et spécifiques

  • Ce document daté et signé par le patient avec « une case » cochée comme lu et compris doit être récupéré par l’opérateur en personne et non remis à une assistante, une infirmière, un anesthésiste.
  • Une lettre est adressée au médecin traitant, dictée en présence du patient et un double lui est remis, notifiant que les complications ont été abordées.
  • Un fascicule d’information émanant des sociétés savantes doit être remis au patient lors de la consultation préopératoire.
  • Un croquis explicatif de l’intervention est dessiné sur la pochette radiographique du patient (non perdu ainsi !).

En résumé, comment éviter qu'une arthroscopie du genou donne lieu à une réclamation ?

Ainsi un grand nombre de réclamations peuvent être évitées : 

  • en respectant les recommandations des sociétés savantes,
  • en réalisant un examen clinique détaillé, tracé, dont le compte rendu est adressé au médecin traitant,
  • en respectant un délai de réflexion suffisant (2 consultations) avant de formaliser une indication opératoire,
  • en délivrant une information exhaustive et tracée,
  • en fournissant des explications argumentées quant aux alternatives thérapeutiques,
  • en assurant un suivi privilégié lors d’éventuelles complications (y compris l’algodystrophie !!!!),
  • en sachant passer la main dans le cas de certaines complications tout en restant en relation constante avec son patient.

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