L’astreinte francilienne d’infectiologie (AFI) : un outil novateur

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L’astreinte francilienne d’infectiologie (AFI) : un outil novateur utile aux prescripteurs hospitaliers

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Les patients relevant d’une prise en charge infectiologique sont fréquemment rencontrés dans les services des établissements de santé. Par ailleurs, la résistance des germes ne cesse d’augmenter. Depuis le début des années 2000 notamment, l’augmentation de la prévalence des BMR, telles que BLSE et EPC, favorise l’émergence d’infections complexes à traiter. Les molécules disponibles, de plus en plus nombreuses, rendent également le traitement des infections de plus en plus compliqué.

Beaucoup de praticiens se trouvent confrontés à des cas difficiles et ont besoin d’aide. Ainsi, un conseil adapté, spécialisé en infectiologie, doit pouvoir être prodigué dans le cadre de la permanence des soins en établissement de santé (PDSES). Comme il est, en pratique, difficile de joindre à tout moment un infectiologue, une astreinte a été mise en place en Île-de-France, permettant aux praticiens d’assurer une prise en charge optimale de leurs patients et de remplir ainsi pleinement leurs obligations professionnelles.

Le premier bilan de cette astreinte laisse penser qu’un développement à l’échelle nationale serait souhaitable.

  • Médecin généraliste et urgentiste
  • Sage-femme
  • Etablissement de santé
  • Interne
  • Infirmier
  • Autres paramédicaux
  • Médecin spécialiste
Auteur : AC Crémieux, G. Mellon et JM Molina (HU Saint Louis, Lariboisière, Fernand Widal), H. Cordel (HU Paris Seine Saint Denis), S. Diamantis (GH Sud Ile de France), K. Lacombe (HU Est Parisien), R. Hellman et O. Pajot, ARS Ile de France, C. Geffrier (APHP) / MAJ : 05/12/2017

Matériel et méthode

A l’échelle régionale, l’objectif était de proposer aux horaires de la PDSES une prise en charge homogène et de qualité en infectiologie sur l’ensemble du territoire francilien. Sous l’impulsion de l’ARS et de la collégiale des infectiologues d’Ile de France, une astreinte d’infectiologie a été mise en place en avril 2016. Nous en décrivons ici l’activité de la première année. Cent-vingt-six infectiologues séniors participent à cette astreinte qui fonctionne sept jours sur sept, 365 jours par an de 20h à 8h en semaine, du samedi 13h au lundi 8h, et de 8h à 8h les jours fériés. Les données concernant l’infection sont recueillies en direct par le médecin d’astreinte sur un dossier informatisé et l’avis écrit est envoyé immédiatement au médecin appelant.

Résultats

Depuis sa mise en place, 2794 appels ont été enregistrés dont 1803 lors de la PDSES, permettant de renseigner 1 166 dossiers. Ainsi, 103 établissements de la région ont contacté l’astreinte d’infectiologie, émanant notamment des services d’accueil des urgences (n = 789, 68 %), de médecine (n = 353, 30 %) et de soins intensifs (n = 21, 2 %). Les appels concernaient une antibiothérapie (ATBT) complexe ou un problème de BMR (n = 682, 60 %), des infections sévères (n = 185, 16 %), une fièvre au retour de voyage (n = 136, 12 %) ou des AES (n = 134, 12 %). L'âge moyen pour lequel un avis était effectué était de 54 ans [2;113], avec un sex-ratio H/F: 1,2. Près d’un patient sur deux (n = 367) avait bénéficié d’une antibiothérapie lors des six derniers mois et 40% (n = 374) étaient sous antibiothérapie lors de l’appel. Le tableau sévère le plus rapporté était celui de méningite (n = 61). Les avis formulés par téléphone ont ainsi proposé l’initiation d’un traitement anti infectieux hospitalier (n = 429, 42 %), la non indication d’un traitement anti infectieux (n = 233, 23 %) ou la modification de l’ATBT en cours (n = 223, 22 %). La totalité des appelants de l’astreinte d’infectiologie a estimé ce service utile lors d’une enquête de satisfaction.

Conclusions

Grâce à une volonté forte des institutions, de la communauté des infectiologues, l’Astreinte Francilienne d’Infectiologie (AFI) paraît un outil utile aux prescripteurs hospitaliers dans le cadre de la PDSES. Ce service novateur est fédérateur pour les infectiologues franciliens et devrait permettre de véhiculer plus largement les bonnes pratiques. De nouvelles fonctionnalités, telles que l’envoi de photographies, vont être mises en place afin d’améliorer la qualité des avis formulés.