IDE et télémédecine

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IDE et télémédecine

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Les nouvelles technologies envahissent notre quotidien, et ce dans tous les domaines : téléphonie, image, informatique… De nouveaux modes de communication émergent depuis plusieurs années, avec des applications pratiques pour les professionnels de la santé également.

La télémédecine arrive dans les organisations médicales, et la place des IDE va sans conteste évoluer.

  • Infirmier
Auteur : Bruno FRATTINI, Cadre Supérieur de Santé IADE - Expert en prévention des risques - MACSF / MAJ : 31/07/2019

L'intégration des infirmiers au dispositif de la télémédecine

Quelques Infirmiers Diplômés d’Etat Libéraux (IDEL) et quelques infirmiers en établissement de santé sont déjà concernés dans le cadre des expérimentations autorisées.

L’arrivée très prochaine des premiers Infirmiers de Pratiques Avancées (IPA) dans les organisations de soins et leur place dans le suivi des maladies chroniques devraient contribuer à l’utilisation de ces nouvelles techniques de communication. Ils devraient être les prochains paramédicaux concernés.

D’où l’intérêt de faire un point sur cette thématique.

Un cadre réglementaire récent

C’est la loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 dite « HPST » (Hôpital, Patients, Santé et Territoires) qui définit pour la première fois la télémédecine dans son article 78, correspondant à l’article L. 6316-1 du Code de la Santé Publique (CSP) : « les actes de télémédecine sont des actes médicaux réalisés à distance, au moyen d’un dispositif utilisant les technologies de l’information et de la communication ».

Cinq actes de télémédecine sont définis dans le décret n°2010-1229 du 19 octobre 2010 relatif à la télémédecine, modifié par décret n°2018-788 du 13 septembre 2018 relatif aux modalités de mise en œuvre des activités de télémédecine.

Plusieurs solutions au service des professionnels de santé

Parmi les actes de télémédecine, on distingue :

  • La téléconsultation qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation1 (source HAS).
  • La téléexpertise qui a pour objet de permettre à un professionnel médical (« dit requérant »), de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux (« dit requis ») en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d’un patient1 (source HAS).
  • La télésurveillance qui permet à un professionnel médical d’interpréter à distance des données recueillies sur le lieu de vie du patient qui présente souvent une affection de longue durée (domicile, établissement de santé, structure médico-sociale…).
  • La téléassistance médicale qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte.
  • La régulation médicale qui est une réponse médicale apportée dans le cadre des activités des centres 15.

2018, année importante pour le développement de la télémédecine

La téléconsultation est remboursée par l’assurance maladie depuis septembre 2018 pour les médecins après plusieurs années d’expérimentation. Toutes les spécialités médico-chirurgicales sont concernées. Elle fait partie maintenant d’un parcours de soins coordonnés et tous les patients inscrits dans cette dynamique sont éligibles, et notamment les malades présentant une affection de longue durée.

Cet acte est maintenant remboursé par l’assurance maladie comme une « consultation classique ».

La télémédecine est développée en complément des organisations existantes et doit permettre de palier à la désertification médicale de certaines zones géographiques.

L’objectif de 500 000 actes de téléconsultation est posé pour 2019.

La place de l’IDE dans cette nouvelle dynamique

Le cadre réglementaire envisage que le patient puisse être le premier acteur pour cet acte de télémédecine. Il recevra pour ce faire une formation lui permettant d’utiliser le dispositif mis à sa disposition.

Il doit en être de même pour les professionnels accompagnant les patients restant dans l’incapacité d’être autonome.

Une formation de ces professionnels, les IDE notamment, sera indispensable pour garantir une maîtrise des dispositifs utilisés pour la réalisation d’un acte de télémédecine (article R 6316-9 du CSP).

C’est pour assister les patients non autonomes que les IDE, libéraux ou salariés d’un organisme ou d’un établissement de santé habilité, peuvent être amenés à pratiquer la télémédecine.

Enfin, la nouvelle loi Santé prévoit de développer la télésanté, dont la télémédecine serait une composante. Un nouvel acte, avec la promotion du télésoin à destination des pharmaciens et des auxiliaires médicaux, permettra de mettre en relation un patient avec un pharmacien d’officine ou un professionnel paramédical.

Il reste à attendre les décrets et/ou arrêtés légiférant cette nouvelle pratique.


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