L'infirmier en salle de surveillance post interventionnelle (SSPI)

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L'infirmier en salle de surveillance post interventionnelle (SSPI)

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Après une intervention, le patient anesthésié doit être transféré en salle de surveillance post interventionnelle (SSPI). Quelle doit être la qualification de l'infirmier chargé de la surveillance ? Celui-ci est-il autorisé à extuber le patient ? 

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  • Médecin spécialiste
Auteur : Stéphanie Tamburini, Juriste / MAJ : 10/07/2019

La présence d'un infirmier indispensable en SSPI

Selon l’article D. 6124-10 CSP, « pendant sa durée d'utilisation, toute salle de surveillance postinterventionnelle comporte en permanence au moins un infirmier ou une infirmière formé à ce type de surveillance, si possible infirmier ou infirmière anesthésiste.

Lorsque la salle dispose d'une capacité égale ou supérieure à six postes occupés, l'équipe paramédicale comporte au moins deux agents présents dont l'un est obligatoirement un infirmier ou une infirmière formé à ce type de surveillance, si possible, infirmier ou infirmière anesthésiste ».

Conformément à l’article R. 4311-12 CSP, l’IADE assure en salle de surveillance postinterventionnelle les actes relevant des techniques d’anesthésie et la poursuite de la réanimation peropératoire. Il peut intervenir, sous le contrôle exclusif d’un médecin anesthésiste réanimateur, en vue de la prise en charge de la douleur postopératoire en pratiquant les techniques mentionnées dans l’article.

La répartition des tâches au sein de la SSPI est abordée plus précisément dans les recommandations de la SFAR concernant la surveillance et les soins postanesthésiques qui indiquent que le « médecin anesthésiste-réanimateur dirige la surveillance, prescrit le traitement, en particulier l’analgésie postopératoire, assure la liaison avec le chirurgien ou spécialiste ».

Le médecin anesthésiste prend donc l’initiative de la nature et du rythme des actes à réaliser et l’infirmier exécute ces actes sur le plan technique sur la base du protocole retenu par le médecin, dans la limite de ses compétences réglementaires : il évalue les signes de réveil et recherche les critères d’extubation qui témoignent du retour d’une autonomie ventilatoire, il reconnaît les accidents susceptibles de se produire et met en œuvre les gestes techniques nécessaires en cas d’atteinte d’une fonction vitale.

Confrontée à une situation d’urgence, l’infirmier doit en informer immédiatement le médecin anesthésiste et solliciter sa présence. En effet, il demeure en SSPI sous la responsabilité d’un médecin anesthésiste réanimateur qui doit pouvoir intervenir sans délai.

La décision de sortie du patient de SSPI, soit pour un transfert en secteur d’hospitalisation, soit pour un retour à domicile suite à une chirurgie ambulatoire, est du ressort exclusif du médecin anesthésiste, ainsi que l’énonce l’article D. 6124-101 CSP.

Une tenue soigneuse du dossier d’anesthésie est essentielle pour assurer la traçabilité des soins. L’infirmier devra y reporter l’heure d’arrivée et de sortie du patient et les différents paramètres permettant de juger de l’évolution de son état. De son côté, le médecin devra y faire figurer ses prescriptions et la décision d’autorisation de sortie, ainsi que, s’il y a lieu, les modalités du transfert pour le retour en chambre.

La surveillance en SSPI peut-elle être assurée par un infirmier non IADE ?

L’article D. 6124-101 CSP dispose que "pendant sa durée d’utilisation, toute salle de surveillance postinterventionnelle doit comporter en permanence au moins un infirmier diplômé d’Etat formé à ce type de surveillance, si possible infirmier anesthésiste diplômé d’Etat."

Si rien ne s’oppose donc à ce que la surveillance soit assurée par un infirmier diplômé d’Etat (puisque le recours à un IADE n’est envisagé que « si possible »), encore faut-il qu’il ait reçu une formation spécifique sur la surveillance postinterventionnelle afin de pouvoir contrôler l’état du patient et faire face, le cas échéant, aux complications liées à l’anesthésie.

Un IDE peut-il extuber seul un patient en SSPI ?

La SFAR a été interrogée sur ce point en décembre 2015. Son comité « Vie professionnelle » s’est prononcé en faveur de la faisabilité de ce geste, sous certaines conditions :

  • une formation spécifique et tracée,
  • une disponibilité, sans délai, d’un médecin anesthésiste pouvant intervenir à tout moment pour permettre notamment de ré-intuber le patient.

La SFAR rappelle que l’IDE se trouve alors sous la responsabilité de l’anesthésiste qui doit déterminer, en fonction des caractéristiques du patient, si sa présence est requise à son chevet lors de l’extubation ou si une disponibilité sans délai suffit.

La SFAR attire l’attention sur le fait que, bien que ne figurant pas dans le décret de compétences des infirmiers, l’extubation est évoquée dans le référentiel de l’infirmière de réanimation de 2011, ce qui légitime sa position.

La lettre de la SFAR du 8 décembre 2015 peut être consultée ICI.

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