Organisation d'un plateau technique en endoscopie digestive

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  • Endoscopie

Depuis ces dernières années, l’augmentation du nombre d’actes d’endoscopie réalisés en ambulatoire, et de façon quasi systématique sous anesthésie générale, ainsi que le poids des normes encadrant les procédures de désinfection ont rendu la pratique de l’endoscopie digestive au cabinet quasiment impossible.

  • Médecin spécialiste
Auteur : Dominique Neveu, gastro-entérologue / MAJ : 12/02/2018

Introduction

L'endoscopie interventionnelle avec des actes de plus en plus complexes utilisant un matériel spécifique, avec l’aide d’un personnel parfaitement formé, nécessite un plateau technique complet pouvant obéir à tous ces impératifs.

Le Centre d’Endoscopie a de ce fait remplacé progressivement la classique salle d’endoscopie.

Il n’existe pas de guide réglementaire concernant ce type structure et la Société Française d’Endoscopie Digestive (SFED) a émis des Recommandations récentes pour tenter de combler ce vide en définissant les critères de sécurité et de qualité indispensables à la pratique de l’endoscopie.

Définition du plateau technique d’endoscopie digestive

Il correspond à la définition d’un bloc opératoire, selon les critères définis par l’Académie de Médecine en 2009.

Idéalement, la salle d’endoscopie doit être autonome, ne nécessitant pas alors d’un traitement de l’air spécifique au bloc opératoire.

En 2008, la Haute Autorité de Santé a classé le plateau technique d’endoscopie digestive au niveau le plus élevé (niveau 3) en se basant sur l’évaluation des niveaux d’environnement technique pour la réalisation d’actes interventionnels en ambulatoire.

Organisation pratique

Le nombre de salles d’endoscopie doit être adapté au nombre d’endoscopies (avec ou sans recours à la radiologie) réalisées de façon annuelle.

Les salles doivent se situer à proximité du secteur ambulatoire et de la salle de surveillance post interventionnelle.

Un local doit être dédié au traitement et à la désinfection des endoscopes, avec un lieu différent pour le stockage des endoscopes et des dispositifs médicaux.

A côté d’une salle d’endoscopie polyvalente, une salle spécifique doit être réservée à la pratique de l’endoscopie interventionnelle, compte tenu de la réalisation d’actes de longue durée, nécessitant souvent un contrôle radiologique.

Les endoscopistes et les anesthésistes qui y travaillent doivent être formés à la radio protection.

Sur le plan des équipements, outre le matériel d’endoscopie, la salle doit être équipée d’un bistouri électrique de type endo-coupe, de la coagulation au plasma argon, d’une pompe de lavage et d’un insufflateur à CO2, gaz se résorbant plus rapidement, nécessaire pour des actes prolongés et en cas de complication (perforation).

Le matériel complet d’anesthésie avec chariot de réanimation est bien évidemment indispensable et organisé par le département d’anesthésie réanimation.

Secteur et traitement de désinfection des endoscopes

La salle de désinfection doit être indépendante de la salle d’endoscopie mais elle doit communiquer facilement avec cette dernière.

Le personnel dédié doit être formé avec remise à niveau et évaluation régulière sur les techniques de désinfection.

De nombreuses Recommandations et des Circulaires ministérielles ont été publiées, et dans la mesure où elles sont correctement appliquées, le risque d’infection est considéré actuellement comme exceptionnel.

Les endoscopes, tout le matériel annexe, notamment les produits désinfectants et les laveurs désinfecteurs, sont des dispositifs médicaux (DM) et nécessitent un marquage CE.

Les endoscopes digestifs souples pénétrant dans des cavités naturelles non stériles sont considérés comme des DM semi critiques et doivent obéir à une désinfection de niveau intermédiaire (bactéricide, fongicide, virucide, et mycobactéricide).

  • Caractéristique des désinfectants :

Le Glutaraldéhyde à 2 % a été progressivement abandonné compte tenu de sa toxicité sur l’environnement et des effets secondaires sur le personnel chargé de la désinfection.

Actuellement, on utilise principalement des désinfectants à base d’acide peracétique (APA), à la fois pour les procédures manuelles et automatiques.

Une eau bactériologiquement maîtrisée par filtration est recommandée pour le traitement manuel des endoscopes ainsi que pour les laveurs désinfecteurs (LDE).

Les modalités pratiques des contrôles micro biologiques ont été fixées par les Directives de mars 2007.

Les prélèvements doivent porter sur l’eau et les endoscopes.

Il est proposé un contrôle minimum une fois par an, mais les contrôles peuvent être rapprochés dans certaines circonstances (acquisition de nouveau matériel, retour de maintenance, changement de procédure de désinfection en cas de contamination multiple).

Pour les agents transmissibles non conventionnels (nvMCJ) une circulaire de mars 2001 a actualisé les Recommandations visant à réduire les risques de transmission en classant les patients en fonction des facteurs de risque :

  • L’utilisation de l’acide peracétique permet de réaliser des endoscopies sans risque dans le groupes 1 (patient sans facteur de risque particulier) et le groupe 2 (patient avec facteur de risque ESST « classique »).
  • Chez les patients du groupe 3 (atteints ou suspects d’ESST), l’endoscope utilisé doit être séquestré et détruit si le diagnostic de MCJ est confirmé.

Il existe une obligation de déclarer les incidents et les risques d’incidents survenus avec tous les dispositifs médicaux dans le cadre de la matério vigilance.

  • Le traitement des endoscopes :

Il peut être strictement manuel ou manuel assisté, mais actuellement il fait appel principalement au mode automatisé avec l’utilisation de laveurs désinfecteurs (LDE), en privilégiant ceux à cycle plus court.

Le nombre de LDE doit être adapté au nombre d’endoscopes et d’examens avec nécessité de renouvellement, le rythme étant défini par le service d’hygiène et l’ingénieur bio médical.

Les endoscopes traités doivent être stockés dans des armoires de stockage avec un rangement vertical, dans une salle différente de la salle de lavage.

Les nouvelles enceintes de stockage permettent actuellement de stocker un endoscope pendant 72 heures, sans nécessité d’une nouvelle désinfection avant le début de la session d’endoscopie.

Dans la mesure où le respect rigoureux des Recommandations permet de témoigner de la qualité de la désinfection et que la procédure est appliquée quel que soit le statut des patients vis-à-vis des micro organismes conventionnels, le CTINILS a émis un avis en mars 2007, confirmant qu’il était inutile de modifier l’ordre de passage des patients dans la liste du programme d’endoscopie en fonction de leur portage viral, en particulier sur les virus hématogènes (VIH, VHC).

  • Parc des endoscopes et du matériel endothérapie :

S’appuyant sur des données publiées par plusieurs grands Centres d’Endoscopie, il est conseillé de remplacer les endoscopes tous les 1500 à 2000 actes, avec un maximum de 5 ans d’utilisation.

Il est également indispensable d’adapter le nombre d’endoscopes et de LED au nombre d’actes réalisés dans le centre d’endoscopie.

Ce dernier doit disposer de tout le matériel d’endothérapie en fonction des actes réalisés avec un matériel de base comportant des pinces à biopsie, du matériel d’injection, d’hémostase, de résection, de dilatation, et des endoprothèses coliques et œsophagiennes.

  • La traçabilité :

Elle obéit à des règles décrites dans le guide du CTIMILS de mars 2007, permettant de retrouver rapidement l’origine d’un dysfonctionnement portant soit sur les procédures de désinfection, le matériel, le personnel, et l’équipement.

Elle doit porter à la fois sur les actes endoscopiques, sur les procédures de nettoyage et de désinfection.

L’utilisation des automates permet d’obtenir un compte rendu complet du cycle permettant également un archivage informatique.

La maintenance du matériel doit être tracée avec un tableau de bord actualisé.

  • Le personnel non médical en endoscopie digestive :

Les infirmières ont un rôle primordial en endoscopie pour leur aide dans les gestes diagnostiques et/ou thérapeutiques.

Outre la formation initiale, elles doivent bénéficier d’une formation continue spécifique afin de connaître et de maîtriser les différentes techniques d’endothérapie qui sont en évolution constante.

La désinfection des endoscopes peut être effectuée par les infirmières mais également par des aides soignantes, sous la responsabilité d’une infirmière.

Un cadre de santé est désigné comme responsable du plateau technique d’endoscopie.

Il doit mettre en place un programme d’assurance qualité avec contrôle de la traçabilité sur les mesures de désinfection.

Il s’assure également de la gestion du parc d’endoscopes, de la formation du personnel ainsi que de l’organisation des programmes.

En conclusion

La qualité et la sécurité des soins est un impératif de la pratique de l’endoscopie digestive.

Elle doit s’exercer actuellement dans des Centres d’endoscopie entièrement dédiés à cette activité, et en particulier dans des Centres Référents pour l’endoscopie interventionnelle, pratique en pleine évolution.

Les Recommandations récentes de la Société Française d’Endoscopie Digestive (SFED) visent à servir de base pour définir et cadrer les modalités optimales d’organisation du plateau technique d’un Centre d’endoscopie digestive.

 

 

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