Les prélèvements par les infirmiers

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Les prélèvements par les infirmiers

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  • prélèvement par infirmière

Quels sont les prélèvements que les infirmiers peuvent réaliser ? En quels lieux ? Existe-t-il des spécificités pour les infirmiers exerçant en pratique avancée ? Voici un tour d’horizon des textes à connaître pour un exercice en toute sécurité. 

  • Infirmier
Auteur : Stéphanie Tamburini, Juriste / MAJ : 03/09/2019

Prélèvement sanguin par un infirmier en vue d’analyses

Article R. 4311-7-35° du code de la santé publique (CSP) 

En application d’une prescription médicale écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, ou en application d’un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, daté et signé, l’infirmier peut réaliser des prélèvements de sang par ponction veineuse ou capillaire ou par cathéter veineux. 

Article R. 4311-7-36°

Acte réalisable sur prescription ou protocole, le prélèvement par ponction artérielle peut être réalisé à partir de plusieurs sites de ponction. Le texte ne fait aucune distinction entre les différentes localisations, ce qui peut poser quelques difficultés en pratique.

Prélèvement sanguin dans le cadre d’un don du sang

Article R. 1222-18 du CSP

La fonction de prélèvement de sang total comporte l'opération de prélèvement proprement dite et la participation à la surveillance de son bon déroulement. Dans un établissement de transfusion sanguine, ces prélèvements peuvent être réalisés par les infirmiers, sous la direction et la responsabilité d'un médecin présent sur le site ou auquel il peut être fait appel à distance par tout moyen de communication.

Article R. 1222-19 du CSP

Les infirmiers peuvent exercer la fonction de prélèvement de produits sanguins labiles par aphérèse ou de prélèvement en vue d'une transfusion autologue programmée.

Article R. 1222-17 du CSP

La fonction de prise en charge du prélèvement comporte la sélection du donneur et la surveillance du déroulement du prélèvement.

  • Sélection du donneur : l'entretien préalable au don du sang peut être mené par un infirmier, sous réserve de justifier de l'équivalent de deux ans d'expérience dans l'activité de collecte et d’une formation à l'entretien préalable au don.
  • Surveillance du prélèvement : la surveillance est en principe assurée par un médecin ou une personne titulaire du diplôme d'études spécialisées complémentaires d'hémobiologie-transfusion, de la capacité en technologie transfusionnelle, du diplôme universitaire de transfusion sanguine ou d'un diplôme de médecine du don. Lorsqu’aucun médecin n’est présent sur le site de collecte, la surveillance peut être assurée par un infirmier, à la condition qu’il justifie de l'équivalent de deux ans d'expérience dans l'activité de collecte, l'encadrement ou la coordination des soins et ait suivi une formation spécifique relative à la surveillance du déroulement du prélèvement. Là encore, il doit exister un moyen de communication pour joindre à tout moment un médecin titulaire.

Test à la sueur et recueil des sécrétions lacrymales

Article R. 4311-5-30° du CSP

Ces prélèvements font partie du rôle propre infirmier, c’est-à-dire qu’aucune prescription médicale ou protocole n’est nécessaire. 

Le test à la sueur vise à mesurer la concentration sudorale en chlorure et constitue un examen important pour le dépistage de la mucoviscidose. La réalisation de ce test, qui nécessite l’usage d’électrodes, obéit à des règles précises.

Prélèvement et collecte de sécrétions ou excrétions

Article R. 4311-7-38° du CSP

Ces prélèvements sont réalisables sur prescription ou protocole. 

Prélèvement non sanglant réalisé au niveau des téguments et des muqueuses directement accessibles et prélèvement vaginal

Article R. 4311-7- 37° du CSP

Soit en application d’une prescription médicale écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, soit en application d’un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin, l’infirmier peut réaliser des prélèvements non sanglants effectués au niveau des téguments ou des muqueuses directement accessibles.

Qu’en est-il des prélèvements vaginaux ?

Les textes évoquant les muqueuses directement accessibles, il paraît difficile de considérer qu’un prélèvement cervico-vaginal puisse être réalisé par l’infirmier dans le cadre de l’article R. 4311-7-37° du CSP, sa réalisation supposant l’emploi d’un spéculum. Mais ce point n’a jamais été précisé par la jurisprudence, et il n’est donc pas possible d’être totalement affirmatif.

A l’inverse, il est possible de considérer qu’un prélèvement vaginal, par exemple pour recueillir des sécrétions, est possible.

Spécificités des prélèvements pour les infirmiers en pratique avancée

Arrêté du 18 juillet 2018 fixant les listes permettant l’exercice infirmier en pratique avancée (IPA)

En annexe de cet arrêté figurent les actes techniques que l’IPA est autorisé à effectuer sans prescription médicale et, le cas échéant, dont il est autorisé à interpréter les résultats pour les pathologies dont il assure le suivi. Parmi ces actes se trouvent :

  • les prélèvements de sang par ponction veineuse ou capillaire ou par cathéter veineux,
  • les prélèvements de sang par ponction artérielle pour gazométrie,
  • les prélèvements non sanglants effectués au niveau des téguments ou des muqueuses directement accessibles,
  • les prélèvements et la collecte de sécrétions et d'excrétions.

Les lieux de prélèvement

Arrêté du 13 août 2014

Cet arrêté fixe les lieux de réalisation des examens, en dehors d’un laboratoire de biologie médicale, ainsi que les lieux de prélèvement des échantillons biologiques aux fins d’examen.

Cet arrêté rappelle les catégories de professionnels de santé, autres qu’un biologiste médical, habilités à réaliser les prélèvements, parmi lesquels les infirmiers.

Quand le prélèvement d’un échantillon biologique ne peut être réalisé ni au site d’un laboratoire de biologie médicale, ni dans un établissement de santé, ni au domicile du patient, il peut l’être dans le cabinet de l’infirmier.