Qui fait quoi en salle de réveil ?

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Qui fait quoi en salle de réveil ?

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La surveillance continue du patient anesthésié après l’intervention est une obligation légale. Mais encore faut-il que les professionnels de santé qui interviennent dans les salles de surveillance post interventionnelles (SSPI) aient une vision claire et précise de leur rôle, à chacune des phases du réveil du patient.

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Auteur : Stéphanie TAMBURINI, juriste / MAJ : 12/11/2018

Le transfert du patient en SSPI

La surveillance post interventionnelle commence au bloc opératoire, dès la fin de l’intervention et de l’anesthésie (article D 6124-97 du Code de la Santé Publique).

Elle ne s’interrompt pas pendant le transfert vers la SSPI. Les recommandations de la Société Française d’Anesthésie Réanimation (SFAR) concernant la surveillance et les soins post anesthésiques précisent que pendant ce transfert, le patient doit être accompagné du médecin qui a pratiqué l’anesthésie ou d’un infirmier anesthésiste (IADE).

La phase de transfert fait partie intégrante de la surveillance post interventionnelle et peut nécessiter des soins spécifiques, notamment lorsque la longueur du trajet l’impose.

Même si elle est généralement relativement courte, cette phase de transfert peut être source de complications : il a ainsi été reproché à l’un de nos sociétaires, médecin anesthésiste, une panne d’un pousse seringue durant le transfert d’une patiente en SSPI. Le tribunal a finalement jugé que la responsabilité en incombait à la clinique qui aurait dû assurer une maintenance correcte de son matériel. Mais il n’en demeure pas moins que le médecin anesthésiste, comme l’IADE, seront bien avisés de vérifier, dans la mesure du possible, le bon fonctionnement du matériel utilisé entre le bloc et la SSPI.

L'admission en SSPI

La SFAR recommande une transmission verbale et écrite à l’arrivée en SSPI entre la personne accompagnante (médecin ou IADE) et l’IADE présent en salle de réveil et/ou le médecin anesthésiste responsable de la salle.

Cette transmission porte sur l’anesthésie et l’acte effectués, et les soins particuliers à effectuer.

Les recommandations ne le disent pas, mais il est évident que tout incident survenu durant le transfert devra être signalé.

Enfin, la personne accompagnante doit demeurer aux côtés du patient tant que celui-ci n’a pas été pris en charge de manière effective dans la SSPI.

Le séjour en SSPI

L’article D 6124-101 du Code de la Santé Publique indique qu’à leur admission, les patients doivent être pris en charge « par un ou plusieurs agents paramédicaux, ou sage femmes pour les interventions prévues au 1° de l’article D 6124-98 (c'est-à-dire les accouchements par voie basse ayant nécessité une anesthésie générale ou loco régionale) affectés exclusivement à cette salle pendant sa durée d’utilisation et dont le nombre est fonction du nombre de patients présents .

Pendant sa durée d’utilisation, toute salle de surveillance post interventionnelle comporte en permanence au moins un infirmier formé à ce type de surveillance, si possible infirmier ou infirmière anesthésiste.

Lorsque la salle dispose d’une capacité égale ou supérieure à 6 postes occupés, l’équipe paramédicale comporte au moins deux agents présents dont l’un est obligatoirement un infirmier formé à ce type de surveillance, si possible infirmier anesthésiste ».

Il ressort de ce texte que :

- La présence du médecin anesthésiste en SSPI n’est pas obligatoire puisqu’il n’est pas visé par le texte. Seule la présence d’un ou plusieurs infirmiers (selon le nombre de places en SSPI) est exigée. Toutefois, l’article D 6124-101 précise également que « le personnel paramédical est placé sous la responsabilité médicale d’un médecin anesthésiste réanimateur qui intervient sans délai ». C’est également ce qu’indiquent les recommandations de la SFAR : « En salle de réveil, le patient est surveillé par un personnel infirmier qualifié, sous la direction d’un médecin anesthésiste réanimateur. Celui-ci est soit spécialement chargé de la salle de réveil, soit présent au bloc opératoire ou dans l’établissement et en mesure d’intervenir rapidement. » Il est dit plus loin dans ces mêmes recommandations que « le médecin anesthésiste réanimateur dirige la surveillance ». Enfin, l’article R 4311-12 du CSP relatif aux compétences de l’IADE va également dans ce sens puisqu’il indique que l’anesthésiste doit pouvoir intervenir à tout moment et qu’il doit être présent sur le site où sont réalisés les actes.

- Le personnel infirmier présent en SSPI n’est pas nécessairement constitué d’IADE puisque le terme « si possible » est utilisé dans les textes. Une formation spécifique à la surveillance post anesthésie apparaît toutefois indispensable pour les IDE intervenant en SSPI.

- Le personnel présent en SSPI est affecté exclusivement à cette salle pendant sa durée d’utilisation : il n’est donc pas possible qu’ils soient appelés simultanément dans un autre secteur.

- La SSPI doit comporter au minimum et en permanence un infirmier, voire deux si elle comporte 6 postes ou plus.

La sortie de SSPI

Selon l’article D 6124-101 : « Le médecin décide du transfert du patient dans le secteur d’hospitalisation et des modalités dudit transfert ».

Les rôles sont ici parfaitement distribués : seul le médecin anesthésiste décide de la sortie du patient. Les recommandations de la SFAR le confirment puisqu’il y est indiqué que « le médecin anesthésiste réanimateur décide du moment de sortie des patients » et que « la sortie est décidée par un médecin anesthésiste quand le patient a récupéré ses réflexes de protection, un niveau de coopération proche de celui qu’il avait avant l’acte et quand la survenue à brève échéance de complications respiratoires et circulatoires est devenue improbable ».

Le transfert en secteur d'hospitalisation

L’article D 6124-102 du CSP prévoit que les informations recueillies lors de la surveillance doivent être transcrites dans un document classé au dossier médical du patient, de même que les consignes à donner au personnel du secteur d’hospitalisation. La bonne transcription de ces informations et leur transmission relèvent principalement de l’IADE mais peuvent également engager la responsabilité du médecin anesthésiste.


7 Commentaires
  • greg G 07/01/2017

    Bonjour, d'un point de vue médico légal et sachant que l'unité de soin intensif est forcément munie d'IDE mais souvent non adossée au bloc opératoire (contrairement à la SSPI) voir très souvent située à une autre étage dans l'établissement, peut t'on, à partir d'une certaine heure tardive (heure de fermeture théorique de la SSPI par exemple) , remplacer la phase de surveillance en SSPI par une surveillance en unité de soins intensifs, en prenant comme principe de base que le patient sera extubé en salle d'opération ?

  • Stéphanie TAMBURINI, Juriste MACSF . 28/07/2016

    Réponse à Maus A. : Comme il est indiqué dans l’article, le nombre d’agents paramédicaux affectés à une SSPI est fonction du nombre de patients présents. IL faut au minimum un IDE, si possible IADE. Au-delà de 6 postes occupés, il faut un agent présent supplémentaire.

  • maud a 25/07/2016

    Bonjour,
    Vous noter qu' une infirmière peut avoir 6 patients au maximum. Dans mon établissement les patients arrivent en sspi intubés et ventilles alors combien de patients au maximum nous pouvons surveiller?

  • Stéphanie TAMBURINI, Juriste MACSF . 23/06/2016

    Réponse à AUDE L. : La situation que vous décrivez (patient surveillé en SSPI par une AS) n’est pas légale puisque, ainsi qu’il est indiqué dans l’article, "Pendant sa durée d’utilisation, toute salle de surveillance post interventionnelle comporte en permanence au moins un infirmier formé à ce type de surveillance, si possible infirmier ou infirmière anesthésiste."

    Il n’est donc pas légal de faire surveiller un patient par une AS seule, en l’absence de toute infirmière.

  • Aude L 22/06/2016

    Comment cela se passe-t-il lorsqu'il n'y a pas d'infirmier en post op pour surveiller le patient mais seulement une AS qui a assisté le médecin au bloc et l'anesthésiste ? Qui surveille le patient ? L'anesthésiste peut-il obliger l'AS à noter les constantes sur une feuille de surveillance en lui disant qu'elle est sous sa responsabilité ? Merci

  • Stéphanie T 04/01/2016

    A Estelle L. : Vous trouverez la réponse sur notre site, dans la FAQ sage-femme : https://www.macsf-exerciceprofessionnel.fr/Responsabilite/Actes-de-soins-technique-medicale/FAQ-sage-femme/Une-sage-femme-peut-elle-surveiller-le-reveil-d-une-patiente-cesarisee
    Cordialement, S. TAMBURINI, Juriste MACSF

  • Estelle L 28/12/2015

    l'employeur peut-il obliger une sage-femme a effectuer le réveil des césariennes en SSPI ? (alors que le 1° de l’article D 6124-98 stipule bien que les SF ne peuvent surveiller en SSPI que les accouchements voie basse)
    la sage-femme est-elle responsable en cas de problème ? comment la MACSF prendrait en charge la SF dans ce cas ? merci

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