Responsabilité du cardiologue dans le bilan pré-opératoire

MACSF Exercice Professionnel
Notre expertise sur la responsabilité médicale
       et votre exercice professionnel

Responsabilité du cardiologue dans le bilan pré-opératoire

  • Réduire le texte de la page
  • Agrandir le texte de la page
  • Facebook
  • Twitter
  • Messages0
  • Imprimer la page
  • Electro cardiogramme

La sinistralité moyenne des cardiologues assurés à la MACSF fluctue selon les années entre 2 et 4%.

Sur les 67 dossiers ouverts en 2015, près de la moitié concernait des procédures CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation des Accidents Médicaux).

Même si les causes sont multiples, tout accident grave ou décès en cours d’intervention ou au décours fera porter la suspicion sur le cardiologue qui a examiné le patient en pré opératoire.

  • Médecin spécialiste
Auteur : Docteur Cédric GAULTIER, Cardiologue conseil MACSF / MAJ : 21/03/2017

La prise en charge du cardiologue n’est pas toujours rendue facile dans l’évaluation pré opératoire, du fait de demandes souvent tardives ou d’un examen au chevet du patient la veille de l’intervention…

La première mission du cardiologue est tout d’abord de dépister une éventuelle cardiopathie que les patients ignorent. Pour cela, il convient d’être systématique en recherchant les facteurs de risque, mais également les signes fonctionnels, physiques ou la moindre anomalie sur l’électrocardiogramme.

Pour les patients déjà porteurs de cardiopathies, le cardiologue doit s’enquérir des informations capitales concernant cette pathologie en contactant, si besoin, le cardiologue traitant. C’est, en fonction de ces données et en connaissance du risque que représente l’acte chirurgical envisagé, qu’il précisera la stratification de risque de décompensation de la maladie et déterminera si le type d’anesthésie est compatible avec la cardiopathie.

Très souvent, le cardiologue doit se positionner sur le maintien ou non d’un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire, avec évaluation du risque thrombotique ou thromboembolique qui en découle.

Lors du congrès du Collège National des Cardiologues Français (CNCF) qui s’est tenu à Nice le 14 octobre 2016, le Docteur Cédric GAULTIER – cardiologue conseil MACSF - a fait une présentation sur la responsabilité du cardiologue dans le bilan pré opératoire.

Il a été rapporté un premier cas clinique concernant un arrêt intempestif de Clopidogrel moins de 6 mois après un syndrome coronarien aigu, occasionnant une récidive d’un syndrome coronarien avec fibrillation ventriculaire et heureusement des suites favorables.

Le deuxième cas clinique concernait la stratégie anticoagulante d’une fibrillation auriculaire paroxystique constatée en pré opératoire d’une néoplasie mammaire. Il a été surtout reproché au cardiologue de ne pas avoir programmé une nouvelle consultation rapidement après l’intervention. C’est après plusieurs mois et lors d’une reprise opératoire que la patiente a présenté un accident vasculaire cérébral en l’absence complète de traitement anticoagulant.

En conclusion, afin de prévenir tout risque médico-légal, les cardiologues doivent être attentifs et considérer la consultation pré-opératoire comme un acte potentiellement à risque.
Le plus important consiste à sensibiliser ses confrères chirurgiens et anesthésistes afin que la consultation cardiologique s’effectue bien en amont de l’acte et de façon programmée au cabinet.

Il ne faut pas hésiter à réaliser les explorations nécessaires et résister à la pression générale pour tous les actes chirurgicaux non urgents.

Une relecture des recommandations des sociétés Savantes permet également un éclairage dans la stratification des actes et des traitements.

Enfin, comme toujours, il est important de conserver une traçabilité de la consultation pré opératoires dans nos archives.

C’est à ce prix qu’il est possible d’éviter des accidents médicaux et les plaintes qui peuvent en découler.


0 Commentaire

Publier un commentaire