Sous-dosage d'un anticoagulant : condamnation de l'infirmier et du pharmacien

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Sous-dosage d'un anticoagulant : condamnation de l'infirmier et du pharmacien

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  • anticoagulant injection, sous dosage

Le 8 mars 2018, le Tribunal condamne un pharmacien et un infirmier libéral, sur le fondement de la perte de chance de guérison, à indemniser une patiente à qui on a délivré et injecté un médicament sous-dosé prescrit par un cardiologue afin de traiter une thrombose veineuse.

  • Pharmacien
  • Infirmier
Auteur : Sophie Lorieau, Chargée Etudes Juridiques / MAJ : 08/06/2018

Une erreur évitable ?

A la suite d’une douleur aigüe au mollet droit, une patiente consulte son médecin généraliste qui la dirige en urgence vers un cardiologue suspectant une phlébite. Celui-ci diagnostique une thrombose veineuse et lui prescrit des injections d’anticoagulants INNOHEP 0,6 ml. La patiente présentera une maladie post-phlébitique.

La patiente reproche au pharmacien d’avoir délivré un traitement dont la posologie était sous-évaluée (0,3 ml au lieu de 0,6 ml d’INNOHEP) et à l’infirmier, de lui avoir administré le médicament alors même qu’il disposait lui aussi de la prescription du cardiologue.

Ces deux fautes lui ont occasionné des complications qui, selon elle, auraient pu être évitées.

Cette insuffisance de traitement ne sera pas contestée par les deux professionnels de santé. 

Une responsabilité partagée

Conformément aux conclusions expertales, les juges retiennent la responsabilité du pharmacien et de l’IDE et un taux de perte de chance de guérison évalué à 50%. En effet, l’expert désigné a confirmé que le pharmacien a effectivement délivré le mauvais dosage et que l’IDE a suivi les indications de ce dernier sans vérifier la prescription médicale avant l’injection.

Les deux professionnels ont chacun concouru à l’administration de cette posologie insuffisante temporaire qui a diminué la possibilité d’éviter une maladie post-phlébitique à la patiente. Si la dose d’anticoagulant avait été correctement délivrée et administrée, la patiente aurait sans doute pu éviter les complications.

La vérification de la prescription s’impose avant tout acte

On peut préciser que lorsque plusieurs professionnels de santé concourent à l’administration d’un médicament chez un patient, chaque intervenant se doit de vérifier, comme le préconise la Haute Autorité de Santé (HAS) pour les établissements de santé, dans son guide intitulé « Sécurisation et autoévaluation de l’administration des médicaments », qu’il s’agit bien du Bon médicament et de la Bonne dose (règle des 5 B).

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