Mieux accueillir et soigner les personnes en situation de handicap

MACSF Exercice Professionnel
Notre expertise sur la responsabilité médicale
       et votre exercice professionnel

Mieux accueillir et soigner les personnes en situation de handicap en établissement : le guide de la HAS

  • Réduire le texte de la page
  • Agrandir le texte de la page
  • Facebook
  • Twitter
  • Messages0
  • PDF
  • Imprimer la page

En juillet 2017, la Haute Autorité de Santé (HAS) a élaboré un guide d’amélioration des pratiques professionnelles intitulé « Accueil, accompagnement et organisation des soins en établissement de santé pour les personnes en situation de handicap ». Il a été publié sur le site de la HAS le 22 septembre 2017.

Il vise à favoriser un accueil adapté et des soins courants de meilleure qualité aux personnes souffrant de handicaps divers, quelle que soit l’origine de leur déficience.

  • Pharmacien
  • Médecin généraliste et urgentiste
  • Chirurgien-dentiste
  • Sage-femme
  • Etablissement de santé
  • Interne
  • Infirmier
  • Masseur-kinésithérapeute
  • Autres paramédicaux
  • Médecin spécialiste
Auteur : Stéphanie Tamburini, Juriste / MAJ : 22/06/2018

Un guide, pour quoi faire ?

Le guide part d’un constat simple : les personnes en situation de handicap doivent faire face à de nombreux obstacles dans leur accès aux soins, certains purement physiques, d’autres plus psychologiques. Pourtant, leurs droits, en tant que patients, sont strictement identiques à ceux des personnes sans handicap. Il est donc nécessaire de lever ces obstacles en tenant compte des vulnérabilités particulières et en recourant à des aménagements, mais aussi en favorisant au maximum l’autonomie de ces personnes.

Dans cette double optique, cinq objectifs prioritaires ont été définis dans le guide.

Assurer la qualité et la continuité du parcours de soins

Cela passe par des mesures de bon sens :

  • accessibilité des sites Internet, facilités pour joindre l’établissement,
  • prise en compte des besoins spécifiques pour définir le parcours de soins : temps d’examen rallongés, délais d’attente raccourcis, prévision de dispositifs spécifiques, identification des patients à l’avance pour anticiper leurs besoins, intervention de personnels ayant des compétences spécifiques, etc.
  • utilisation de protocoles de soins adaptés au handicap de la personne pour les soins, les modalités d’alimentation, la prise en charge de la douleur, etc.
  • préparation minutieuse et anticipation de la sortie du patient.

Veiller à l’accessibilité pour maintenir une autonomie

Il ne s’agit pas seulement du respect des normes accessibilité qui s’appliquent à tout établissement recevant du public, mais de dispositions prises en fonction de chaque patient : chambre équipée, modalités de communication, signalétique adaptée. Le but est de favoriser au maximum l’autonomie.

Au-delà de cette accessibilité physique, d’autres dimensions doivent être prises en compte : réduction des temps d’attente, de toute forme d’infantilisation, utilisation du matériel appartenant à la personne avec handicap lorsque cela est possible, et notamment lorsque les ressources de l’établissement lui sont moins adaptées, etc.

Favoriser et formaliser la présence des aidants

L’expertise de l’aidant - familial ou professionnel – doit être favorisée, car c’est une ressource importante sur les habitudes de vie du patient et une aide à la communication avec l’équipe.

S’il n’appartient évidemment pas à l’aidant d’exécuter au sein de l’établissement des soins techniques ou somatiques, il peut en revanche être associé aux actes relevant du « prendre soin » (le « care »), comme l’alimentation, la toilette, etc.

Certaines conditions sont nécessaires :

  • L’objectif poursuivi doit être d’assurer une continuité entre le milieu ordinaire et l’univers hospitalier.
  • Il doit s’agir d’un souhait de la personne avec handicap ; la présence de l’aidant ne doit pas lui être imposée.
  • Il ne doit pas s’agir d’une obligation pour l’aidant, qui peut toujours refuser d’intervenir.
  • Le périmètre de l’’intervention de l’aidant doit être défini par l’équipe soignante.

Changer les représentations et développer les compétences nécessaires

Le personnel de l’établissement dans son ensemble doit être sensibilisé pour dépasser les préjugés qui peuvent exister à l’égard de certains handicaps.

Mais seule une cible professionnelle plus restreinte, qui servira ensuite de référent/ressource, doit être formée, par le biais de stages ou de mises à disposition croisées entre plusieurs secteurs.

Cette formation peut s’appuyer sur l’expertise directe des personnes en situation de handicap. Elle doit surtout porter sur le « savoir être » et le « savoir faire ».

Fédérer les équipes autour d’un projet de changement

Direction comme personnels doivent s’engager pour porter les actions nécessaires dans la durée.

Cela suppose la construction d’un projet d’amélioration de l’accueil des personnes avec un handicap, recueillant les besoins externes, piloté par une équipe pluridisciplinaire parmi laquelle les usagers seront représentés.

Il est possible d’élaborer des chartes ou des conventions de partenariat avec des établissements sanitaires ou médico-sociaux environnants.

0 Commentaire

Publier un commentaire